La corrélation interne du S&P 500 est tombée à son plus bas niveau en six ans, créant une structure de marché étrangement similaire à la période précédant le pic de volatilité « Volmageddon » de 2018 qui avait effacé des milliards en une seule séance.
« Ben Snider de Goldman voit toujours le S&P 500 atteindre 7 600 d'ici la fin de l'année », selon 24/7 Wall St., mais le chemin à parcourir fait face à une vulnérabilité structurelle. La faible corrélation actuelle entre les actions maintient l'indice de volatilité CBOE (VIX) à un niveau artificiellement bas, masquant les risques liés aux résultats et à la géopolitique.
Le VIX a grimpé au-dessus de 19 lundi, tout en restant bien en dessous du sommet de fin mars à 31,05, alors même que près de la moitié du Russell 1000 publie ses résultats cette semaine. Parallèlement, l'impasse des négociations de paix entre les États-Unis et l'Iran a poussé le Brent au-dessus de 107 $ le baril, ajoutant une prime de risque géopolitique qui n'est pas pleinement reflétée dans le chiffre principal du VIX.
Cette divergence crée un risque critique : un choc soudain du marché pourrait forcer les corrélations à rebondir, provoquant une envolée du VIX et déclenchant une vente massive rapide et désordonnée. C'est le même mécanisme qui a conduit à une chute de 4 % des actions américaines en une seule journée le 5 février 2018, lorsque le VIX a plus que doublé.
Un calme fragile
L'environnement actuel se définit par un contraste frappant. D'un côté, le S&P 500 affiche une hausse de 5 % depuis le début de l'année. De l'autre, le VIX est contenu par une faible corrélation, et non par un faible risque. La volatilité des actions individuelles reste élevée, les marchés d'options intégrant d'importantes variations post-résultats pour les méga-capitalisations technologiques comme Alphabet et Microsoft cette semaine.
Structurellement, le VIX est le produit à la fois de la volatilité moyenne des actions individuelles et de la corrélation entre elles. La volatilité individuelle étant déjà élevée, la composante de faible corrélation est la seule chose qui maintient l'indice sous la barre des 20. Si un choc externe ou interne devait amener les actions à évoluer à l'unisson, la corrélation monterait en flèche, entraînant un saut non linéaire du VIX.
Échos de 2018
Dans la période précédant le krach de 2018, une stratégie populaire consistait à parier contre la volatilité via des fonds indiciels inversés sur le VIX. Bien que ces produits spécifiques soient moins courants aujourd'hui, la pratique de la vente de volatilité persiste sous d'autres formes, telles que les stratégies programmatiques de vente d'options et les fonds à parité de risque.
Ces stratégies sont vulnérables au même type de boucle de rétroaction que celui observé en 2018. Une poussée du VIX force ces fonds à réduire leur levier en vendant des contrats à terme sur actions, ce qui pousse le marché encore plus bas et fait grimper le VIX encore plus haut. L'inquiétude est qu'avec une corrélation si faible, le marché est prêt pour un événement similaire si un catalyseur émerge pour unifier les mouvements des actions. Les investisseurs surveillent le niveau 20 du VIX, les résultats de cette semaine et tout nouveau titre sur l'Iran comme déclencheurs potentiels.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.