L'essor de la fabrication solaire aux États-Unis traverse une épreuve difficile : l'incertitude entourant les subventions fédérales pour l'énergie propre a poussé de grandes institutions financières à interrompre leurs activités avec au moins six nouvelles usines de panneaux américaines. Le problème central est de savoir si d'éventuels liens entre ces usines et la Chine pourraient les disqualifier des crédits d'impôt lucratifs, menaçant de faire dérailler une composante clé de la politique industrielle nationale.
"Ce développement pourrait gravement entraver la croissance de l'industrie manufacturière solaire domestique aux États-Unis, entraînant potentiellement des fermetures d'usines, des pertes d'emplois et une dépendance accrue aux importations étrangères", a rapporté Reuters, citant des cadres du secteur et des documents internes. La situation introduit ce qu'une source a appelé un "risque d'investissement significatif" pour l'ensemble du secteur des énergies renouvelables.
La politique à l'origine de cette perturbation se concentre sur les règles de conformité concernant les Entités Étrangères Inquiétantes (FEOC), un facteur critique pour les promoteurs cherchant à bénéficier des crédits d'impôt fédéraux dans le cadre de l'Inflation Reduction Act. Alors que de grandes entreprises solaires, des banques et des assureurs ont suspendu leurs activités avec la demi-douzaine d'usines concernées, les noms exacts des installations et de leurs partenaires n'ont pas été divulgués publiquement.
L'enjeu est la viabilité d'une offensive de plusieurs milliards de dollars pour relocaliser la chaîne d'approvisionnement solaire. L'incertitude pourrait paralyser des gigawatts de capacité de production domestique future, compliquant la transition énergétique américaine et laissant le marché dépendant des fournisseurs d'outre-mer. Pour les investisseurs, le risque ne réside pas dans la technologie, mais dans l'évolution de la politique commerciale entre les États-Unis et la Chine.
Un conte de deux destins
Alors qu'un nuage d'incertitude plane sur une grande partie du secteur, certaines entreprises parviennent à naviguer dans cet environnement réglementaire complexe. SEG Solar, basée à Houston, a annoncé l'établissement d'une nouvelle unité de production de modules solaires de 4 GW dans sa ville d'origine, une expansion représentant un investissement de plus de 200 millions de dollars.
Crucialement, SEG Solar a précisé avoir été validée comme entité étrangère non interdite pour la conformité FEOC. Ce statut permet à ses partenaires de réclamer les crédits d'impôt fédéraux en toute confiance, offrant à l'entreprise un avantage clé. La nouvelle usine de Houston, qui devrait créer 800 emplois et commencer ses opérations commerciales au troisième trimestre 2026, portera la capacité de production domestique totale de l'entreprise à environ 6 GW. Cela contraste fortement avec les usines anonymes actuellement confrontées à un gel potentiel des financements.
Cette divergence souligne l'importance critique de la traçabilité de la chaîne d'approvisionnement pour sécuriser le financement des projets et le soutien fédéral. Alors que les États-Unis visent à élargir leur base manufacturière, la capacité à prouver la conformité aux normes FEOC est devenue un facteur décisif, séparant les entreprises capables de construire et de se développer de celles restées bloquées sur la ligne de départ.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.