Un appel bipartisan à l'expansion massive de la flotte de chasseurs américains signale une nouvelle phase de mobilisation militaro-industrielle contre la Chine.
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Un appel bipartisan à l'expansion massive de la flotte de chasseurs américains signale une nouvelle phase de mobilisation militaro-industrielle contre la Chine.

Deux sénateurs américains de haut rang appellent à une extension de 50 % de la flotte d'avions de chasse du pays d'ici 2035 et à des accords d'acquisition à long terme pour le F-35 de Lockheed Martin et le F-15EX de Boeing, affirmant que les États-Unis perdent leur domination aérienne face à la Chine. Cette proposition intervient alors que la flotte de chasse américaine est passée de 4 100 appareils en 1990 à un niveau historiquement bas de 2 000 en 2024.
« Céder le contrôle de l'air, par des choix d'acquisition médiocres et un investissement insuffisant dans le capital humain, serait un échec stratégique », ont écrit les sénateurs Ted Budd et Jeanne Shaheen, tous deux membres de la commission sénatoriale des services armés, dans une tribune publiée le 5 mai. Ils soutiennent qu'une autorité d'acquisition pluriannuelle prévisible est nécessaire pour inciter la base industrielle de défense à accroître ses capacités.
L'avertissement des sénateurs est souligné par des calendriers de production alarmants. Les chasseurs furtifs de sixième génération de la Chine, les J-36 et J-50, auraient effectué leur premier vol en 2024, tandis que le F-47 américain comparable ne devrait pas voler avant 2028 et entrer en service au milieu des années 2030. Les sénateurs affirment que la Chine pourrait dépasser la production de chasseurs américains de près de 200 % d'ici 2027, dans le cadre d'un renforcement militaire conçu pour dominer Taïwan et plus largement la région Indo-Pacifique.
La mobilisation industrielle proposée garantirait la stabilité de la production pour Lockheed Martin et Boeing, augmentant potentiellement les revenus du secteur de la défense tout en accentuant les risques géopolitiques. Cet appel à l'action vise à inverser des décennies de coupes budgétaires qui ont laissé l'Air Force avec une flotte d'un âge moyen de plus de 27 ans et des taux de disponibilité d'environ 50 %.
La volonté d'étendre la production des F-35 et F-15EX s'aligne sur les tendances d'acquisition des principaux alliés des États-Unis. Le ministère israélien de la Défense a récemment approuvé l'achat de deux nouveaux escadrons, dont son quatrième escadron de F-35 et un deuxième escadron de F-15IA, une variante du F-15EX. Ces transactions sont évaluées à plus de 6 milliards de dollars et porteront à terme la flotte israélienne à 100 F-35 et 50 F-15IA.
Les responsables israéliens ont cité les leçons de leur récent conflit avec l'Iran comme une raison de garantir la supériorité aérienne pour les décennies à venir. Cette décision renforce l'importance stratégique des deux plateformes américaines en tant qu'atouts complémentaires, le F-35 apportant la furtivité et le F-15EX offrant une capacité d'emport importante, notamment la capacité de lancer des armes hypersoniques.
L'accent mis sur les nouveaux chasseurs fait partie d'un effort plus large de plusieurs milliards de dollars pour moderniser l'U.S. Air Force. Le programme de remplacement des moteurs commerciaux du B-52 (CERP) a récemment passé son examen critique de conception, ouvrant la voie à Boeing pour commencer à modifier ces bombardiers emblématiques. La mise à niveau, qui rebaptise l'avion B-52J, consiste à remplacer les moteurs des années 1960 par des turbofans Rolls-Royce F130 modernes.
Ce contexte de modernisation globale, allant de la mise à niveau de bombardiers anciens à l'acquisition de chasseurs de nouvelle génération, met en lumière une réponse systémique à ce que les sénateurs décrivent comme un « renforcement militaire historique » de la Chine. Les sénateurs insistent sur le fait que sans une mobilisation nationale similaire, les États-Unis risquent de céder le contrôle du ciel pour la première fois depuis la guerre froide.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.