Le fossé qui se creuse entre les États-Unis et l'Italie au sujet du conflit iranien menace de diviser l'OTAN et de pousser les économies européennes dépendantes de l'énergie vers une récession.
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Le fossé qui se creuse entre les États-Unis et l'Italie au sujet du conflit iranien menace de diviser l'OTAN et de pousser les économies européennes dépendantes de l'énergie vers une récession.

L'amitié politique entre le président américain Donald Trump et la Première ministre italienne Giorgia Meloni s'est brisée suite au refus de l'Italie d'engager des forces dans le blocus dirigé par les États-Unis dans le détroit d'Ormuz, une décision qui expose un fossé grandissant entre la Maison-Blanche et ses alliés européens. Ce différend survient alors que le blocus a déjà interrompu 7,6 millions de barils par jour d'expéditions de pétrole brut.
« Je pensais qu'elle avait du courage, mais je me suis trompé », a déclaré mardi le président Trump au journal italien Corriere della Sera, réprimandant publiquement une dirigeante qu'il qualifiait auparavant de « grande ».
Le point de rupture a fait suite aux critiques de Meloni sur les commentaires de Trump concernant le Pape Léo et à la décision de son gouvernement de ne pas rejoindre l'opération navale dans le golfe Persique. L'Italie, qui dépend fortement des importations de gaz de la région, est désormais confrontée au risque d'une « récession sévère » si la perturbation énergétique persiste, selon son ministre des Finances Giancarlo Giorgetti.
Cette querelle souligne l'instabilité croissante au sein de l'alliance de l'OTAN, que Trump a récemment qualifiée de « tigre de papier ». Avec des expéditions mondiales de pétrole brut par voie maritime en baisse de 16 % depuis le début du conflit, les retombées diplomatiques pourraient aggraver les turbulences économiques pour les pays européens déjà aux prises avec le choc de l'offre.
Le blocus naval américain des ports iraniens, qui a débuté le 13 avril, a effectivement stoppé la majeure partie du trafic à travers un détroit qui gère près d'un tiers du pétrole brut maritime mondial. Selon les données de Signal Ocean, les expéditions mondiales de brut par mer ont chuté de 16 %, soit 7,6 millions de barils par jour, par rapport aux niveaux d'avant-guerre. Bien que l'impact sur le transport par conteneurs soit négligeable, la perturbation des marchés du pétrole et des produits chimiques est sévère.
L'U.S. Central Command a rapporté qu'au cours des premières 24 heures, aucun navire n'a franchi le blocus et six navires marchands ont été contraints de faire demi-tour. Cette action sur ce point de passage stratégique a réduit les expéditions totales de brut en provenance du golfe Persique de 12,7 mb/j, avec seulement des compensations partielles provenant des ports de la mer Rouge en Arabie saoudite (+3,0 mb/j) et des ports des Émirats arabes unis à l'est du détroit (+0,7 mb/j), selon l'analyse de BIMCO.
La dénonciation publique de Meloni est la dernière d'une série d'affrontements entre Trump et les dirigeants européens. Le président américain a également récemment échangé des piques avec le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron. La friction diplomatique a été accentuée par la récente défaite électorale de l'un des alliés européens les plus proches de Trump, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán.
Depuis plus d'un an, Meloni avait tenté de servir de pont entre Washington et les capitales européennes, prônant la retenue. Cependant, sa stratégie semble avoir échoué, la laissant « complètement isolée en Europe », selon Teresa Coratella, analyste principale au Conseil européen pour les relations internationales. Cette rupture souligne la difficulté pour les dirigeants européens d'essayer de maintenir l'unité transatlantique alors que Trump poursuit une politique étrangère de plus en plus unilatérale et remet ouvertement en question la valeur de l'alliance de l'OTAN.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.