L'incertitude entoure le deuxième cycle de pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran à Islamabad, alors que le président Trump envisage d'annuler le voyage du vice-président Vance.
Un cessez-le-feu fragile de deux semaines entre les États-Unis et l'Iran ne tient plus qu'à un fil, alors que le président Donald Trump envisage d'annuler une mission diplomatique à haut risque au Pakistan du vice-président JD Vance, jetant le doute sur un deuxième cycle de négociations de paix. À l'approche de la date limite de mercredi fixée par Trump, les prix du pétrole sont restés volatils après la fermeture effective par l'Iran du détroit d'Ormuz, une artère critique pour 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole.
« Nous n'acceptons pas de négociations sous l'ombre des menaces », a déclaré le négociateur en chef de l'Iran et président du parlement, Mohammed Bagher Qalibaf, dans un message sur X, accusant les États-Unis de tenter de forcer une reddition.
L'incertitude diplomatique fait suite à un blocus naval américain des ports iraniens, une action entreprise pour contraindre Téhéran à renoncer à son contrôle sur le détroit. Le conflit, qui a débuté le 28 février, a fait grimper les prix du brut Brent de plus de 30 % pour atteindre près de 95 dollars le baril. Avant le conflit, la voie navigable était entièrement ouverte à la navigation internationale.
L'effondrement potentiel des pourparlers d'Islamabad menace de relancer un conflit qui a déjà coûté la vie à plus de 3 375 personnes en Iran et déstabilisé la région. Un retour à des hostilités ouvertes ferait probablement grimper à nouveau les prix du pétrole, pesant davantage sur une économie mondiale déjà aux prises avec des pressions inflationnistes et des perturbations de la chaîne d'approvisionnement.
Les signaux mixtes de Téhéran
La position officielle de l'Iran sur les pourparlers reste entourée d'ambiguïté. Mardi, la télévision d'État iranienne, contrôlée par les partisans de la ligne dure, a diffusé une alerte indiquant qu'« aucune délégation iranienne n'a visité Islamabad... jusqu'à présent ». Ce déni public contraste avec les informations selon lesquelles Téhéran aurait reçu de nouvelles propositions de Washington et « examine positivement » la possibilité de rejoindre les pourparlers. Le débat interne au sein de la théocratie iranienne est probablement intensifié par la récente saisie d'un porte-conteneurs iranien par l'US Navy, un acte que Téhéran a condamné. Le président Qalibaf a averti que l'Iran se prépare à dévoiler de « nouvelles cartes sur le champ de bataille », suggérant une volonté d'escalade si la diplomatie échoue.
La ligne dure de Washington
Pendant ce temps, l'administration Trump a maintenu une posture de pression maximale. Le président Trump a prévenu que « beaucoup de bombes » allaient « commencer à exploser » si un accord n'est pas conclu d'ici sa date limite de mercredi. Cette rhétorique place le vice-président Vance, qui dirige la délégation américaine, dans une position politique précaire. Initialement critique des interventions étrangères, Vance est désormais le visage d'une guerre profondément impopulaire, chargé de justifier la politique de l'administration auprès d'un public sceptique et d'un parti républicain divisé. Le conflit est devenu un fardeau politique pour Vance, qui est considéré comme un candidat potentiel à la présidence de 2028.
Les efforts diplomatiques du Pakistan
Pris entre deux feux, le Pakistan a poursuivi les préparatifs des pourparlers, intensifiant la sécurité dans sa capitale, Islamabad. Les responsables pakistanais ont exprimé leur optimisme quant à l'envoi d'une délégation par l'Iran, et le ministre des Affaires étrangères Ishaq Dar a engagé des discussions diplomatiques avec ses homologues d'Égypte et de Chine pour obtenir un soutien en faveur d'une solution politique. La Chine, un partenaire commercial important de l'Iran, a exhorté toutes les parties à faire preuve de « la plus grande sincérité » et à maintenir la dynamique du cessez-le-feu. Les dispositions de sécurité renforcées suggèrent que le Pakistan se prépare à l'éventualité de visites de haut niveau des dirigeants américains et iraniens si les pourparlers progressent vers une étape de signature.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.