Une note du Pentagone circule avec des propositions pour punir les membres de l'OTAN qui n'ont pas soutenu une frappe militaire menée par les États-Unis contre l'Iran, y compris la suspension potentielle de l'Espagne de l'alliance de 32 membres. La proposition, d'abord rapportée par le quotidien espagnol El País et confirmée par un responsable américain à Reuters, a provoqué une onde de choc au sein du pacte de sécurité transatlantique, qui ne dispose d'aucun mécanisme formel pour suspendre ou expulser un membre.
« La position du gouvernement espagnol est claire : une coopération absolue avec les alliés », a déclaré vendredi le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, tout en soulignant que toute coopération doit se faire « dans le cadre du droit international ». L'Espagne, critique virulente de l'action militaire américano-israélienne en Iran, a interdit l'utilisation de ses bases militaires et fermé son espace aérien aux avions militaires américains impliqués dans les attaques.
La note exprime un « très haut mécontentement » à l'égard des alliés qui ont refusé l'accès, et suggère également que les États-Unis pourraient réévaluer leur position pro-britannique sur la revendication de l'Argentine sur les îles Malouines (Falkland). Le Royaume-Uni avait également initialement interdit l'utilisation de ses bases pour des attaques sur l'Iran. Un responsable de l'OTAN a déclaré à la BBC que le traité fondateur de l'alliance « ne prévoit aucune disposition pour la suspension de l'adhésion à l'OTAN, ou l'expulsion ».
Les retombées potentielles mettent en évidence les tensions transatlantiques croissantes sous le président Donald Trump, qui a maintes fois remis en question la valeur de l'alliance et critiqué les membres pour ce qu'il considère comme des dépenses de défense insuffisantes. Bien que chaque membre de l'OTAN ait atteint l'objectif de dépenses de défense de 2 % du PIB en 2025, le différend sur l'opération en Iran a ouvert une nouvelle faille, potentiellement plus dommageable. Cette mesure pourrait créer un précédent dangereux, engendrant une instabilité au sein d'une alliance qui est le socle de la sécurité européenne depuis plus de 75 ans.
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