Plus de 16 mois après que Trump a créé une réserve de Bitcoin américaine, les agences fédérales ne parviennent toujours pas à s'accorder sur qui est légalement autorisé à la gérer.
Le département du Trésor et le département du Commerce sont engagés dans un conflit de compétence concernant la garde de la Réserve stratégique de Bitcoin, retardant une évaluation obligatoire de plus d'un an après son délai de 60 jours.
« Les responsables du Trésor ont exprimé des inquiétudes quant au fait que les lois existantes ne leur confèrent pas clairement l'autorité de détenir et de gérer les actifs numériques acquis par le biais d'actions répressives », selon une personne proche des discussions interagences.
Le président Trump a signé le décret exécutif 14233 le 6 mars 2025, établissant la réserve pour détenir les Bitcoins saisis dans le cadre de procédures pénales et civiles de confiscation. Le décret exigeait que les agences fournissent un inventaire complet de leurs avoirs en Bitcoin dans les 30 jours et que le secrétaire au Trésor remette une évaluation dans les 60 jours. Aucune de ces échéances n'a été respectée en juillet 2026.
L'impasse laisse la réserve dans un vide juridique, le Congrès tentant désormais de briser le blocage par la voie législative. Le BITCOIN Act codifierait formellement la réserve sous la juridiction du Trésor avec un mandat de détention de 20 ans, tandis que l'American Reserve Modernization Act, une loi bipartite introduite en mai 2026, adopte une approche plus large de l'administration des actifs numériques.
Pourquoi la garde est un casse-tête juridique
Les agences fédérales disposent de procédures bien établies pour gérer les actifs traditionnels saisis — liquidités, biens immobiliers, véhicules, même l'or — construites au fil de décennies de jurisprudence. Le Bitcoin n'entre dans aucune de ces catégories. Ce n'est pas une monnaie au sens de la plupart des lois existantes, ni une marchandise telle que le Trésor les traite habituellement. Les exigences opérationnelles pour le sécuriser — portefeuilles multisig, protocoles de stockage à froid, gestion des clés — n'ont aucun précédent dans la gestion des actifs fédéraux.
La source de financement de la réserve ajoute une couche supplémentaire de complexité. Les flux entrants sont liés au rythme et aux résultats des actions répressives plutôt qu'à une stratégie d'acquisition délibérée, rendant la base d'actifs imprévisible.
Ce que les investisseurs doivent surveiller
Pour les investisseurs en crypto, cette paralysie crée à la fois des risques et des opportunités. D'un côté, les efforts du Congrès pour codifier la réserve suggèrent une reconnaissance bipartite que le Bitcoin a un rôle permanent dans la gestion des actifs fédéraux. L'adoption du BITCOIN Act ou de l'American Reserve Modernization Act établirait un cadre réglementaire formel pour le Bitcoin détenu par le gouvernement, une évolution qui pourrait renforcer l'argument en faveur du Bitcoin en tant qu'actif de réserve souverain.
D'un autre côté, l'incapacité du gouvernement à résoudre des questions juridictionnelles de base après plus de 16 mois soulève des préoccupations légitimes quant à la capacité opérationnelle. Les décrets exécutifs sont intrinsèquement fragiles — un futur président pourrait modifier ou révoquer le décret 14233 d'une simple signature, tandis qu'une codification par le Congrès donnerait à la réserve une base juridique plus durable.
Les deux jalons clés à suivre : savoir si le Congrès adopte une législation avant la fin de la session actuelle, et si le conflit Trésor-Commerce est résolu par un accord interagences ou nécessite une directive présidentielle pour sortir de l'impasse.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.