United Airlines s'apprête à publier ses résultats du premier trimestre le 21 avril, offrant une mise à jour critique sur la manière dont les transporteurs composent avec des prix du kérosène qui ont doublé pour atteindre près de 200 $ le baril depuis le début du conflit iranien.
« La question prioritaire que je surveillerai est de savoir s'ils ont constaté un fléchissement de la demande, par exemple pour les réservations d'été ou d'automne, après la hausse des prix du carburant et des billets », déclare Nicolas Owens, analyste du secteur aérien chez Morningstar.
Les analystes s'attendent à ce que United affiche une croissance de son résultat net d'environ 20 % par rapport à la même période l'an dernier, selon les données de LSEG. Ce rapport fait suite aux récentes déclarations du PDG Scott Kirby évoquant une fusion potentielle avec American Airlines, une idée que cette dernière a publiquement rejetée.
L'ensemble du secteur aérien est sous pression : J.P. Morgan Chase a sabré sa prévision de bénéfice par action (BPA) 2026 pour le rival Delta, la faisant passer de 7,05 $ à seulement 0,15 $. Les résultats de United indiqueront si l'industrie peut absorber l'augmentation estimée du coût du carburant de 31 $ par billet ou si des réductions de capacité plus importantes sont à prévoir.
La crise du carburant paralyse l'aviation mondiale
La quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, a propulsé les prix du kérosène d'environ 2,50 $ le gallon début 2026 à un sommet de 4,90 $, selon des rapports de l'industrie. Ce choc d'offre a contraint les compagnies aériennes mondiales à réagir par des réductions de capacité afin d'éviter d'opérer des lignes non rentables.
KLM a supprimé 160 vols de son programme de printemps, Lufthansa a fermé son unité régionale CityLine, et Air Canada a suspendu ses services vers l'aéroport JFK de New York jusqu'en octobre. Bien que les États-Unis soient un producteur majeur de pétrole, leurs compagnies ne sont pas épargnées, car le carburant domestique est indexé sur le marché mondial.
Les pressions sur les coûts s'accentuent dans tout le secteur
La tension financière est manifeste sur le marché nord-américain. Un groupe de transporteurs à bas prix, dont Spirit Airlines, Frontier et Allegiant, sollicite désormais un allègement fiscal fédéral temporaire pour compenser la charge du carburant. Le plan de restructuration de Spirit est sous une nouvelle pression, les coûts du carburant ayant presque doublé par rapport aux niveaux intégrés dans ses projections pour 2026.
Les grandes compagnies s'ajustent également. Delta Air Lines a commencé à réduire son programme d'été, supprimant des liaisons au départ de ses hubs de New York et Détroit. United a elle-même annoncé précédemment son intention de réduire sa capacité totale de 5 % pour l'année. Ces mesures interviennent alors que les transporteurs répercutent les coûts sur les consommateurs : les analystes de J.P. Morgan estiment que les prix des billets doivent augmenter en moyenne de 31 $ pour compenser la flambée du carburant.
Le prochain rapport financier fournira la première image claire de l'impact de ces coûts de carburant sans précédent sur les marges de United et sur ses perspectives pour la saison estivale cruciale. Les investisseurs guetteront tout signe de destruction de la demande liée à la hausse des tarifs et examineront si le transporteur peut maintenir sa rentabilité dans l'une des périodes les plus difficiles pour l'industrie depuis 2020. Le prochain catalyseur majeur sera les données sur les voyages d'été et toute désescalade du conflit au Moyen-Orient.
Cet article est publié à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.