Le Royaume-Uni a officiellement pris ses distances avec les menaces américaines de blocus du détroit d'Ormuz, un point de passage critique pour près d'un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole.
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Le Royaume-Uni a officiellement pris ses distances avec les menaces américaines de blocus du détroit d'Ormuz, un point de passage critique pour près d'un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole.

(P1) Le Royaume-Uni ne participera à aucun blocus militaire du détroit d'Ormuz, selon plusieurs rapports de médias britanniques le 12 avril, créant une fracture diplomatique avec les États-Unis après que le président Trump a menacé de fermer cette artère pétrolière vitale en raison du programme nucléaire iranien.
(P2) "Le Royaume-Uni continuera à soutenir le rétablissement du libre passage dans le détroit d'Ormuz, il ne doit pas devenir un canal à péage", a déclaré un porte-parole du gouvernement, tel que rapporté par Sky News. Le porte-parole a confirmé que la Grande-Bretagne forme activement une coalition avec la France et d'autres partenaires pour garantir que le détroit reste ouvert à la navigation internationale.
(P3) La menace d'une perturbation majeure des flux énergétiques mondiaux a immédiatement provoqué des remous sur les marchés. Les contrats à terme sur le pétrole brut Brent, la référence internationale, ont bondi de plus de 2 % lors des premiers échanges suite aux menaces initiales avant de réduire leurs gains. Le coût de l'assurance des pétroliers transitant par le détroit, déjà élevé, devrait grimper, tandis que les marchés boursiers européens ont ouvert en baisse face à la perspective d'une poussée de l'inflation due à l'énergie.
(P4) L'enjeu est le passage d'environ 21 millions de barils de pétrole par jour, soit l'équivalent d'environ 21 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers, selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA). Toute fermeture prolongée déclencherait un choc sévère sur les prix du pétrole, poussant probablement les cours mondiaux du brut bien au-delà de la barre des 100 dollars et risquant une vente massive des actifs risqués alors que les investisseurs fuient vers la sécurité.
La divergence entre Washington et Londres sur Ormuz expose un écart croissant de stratégie envers l'Iran. La menace du président Trump, émise via les réseaux sociaux, représente une escalade significative de la pression, liant directement le blocus au refus de l'Iran de faire des concessions sur son programme nucléaire. Cette approche maximaliste contraste fortement avec la préférence du Royaume-Uni et de la France pour une voie diplomatique, qui implique de maintenir le dialogue et de désamorcer les tensions militaires dans le golfe Persique.
La formation d'une coalition maritime dirigée par l'Europe est une réponse directe à la posture américaine. Elle signale que les principaux alliés des États-Unis sont prêts à agir de manière indépendante pour protéger leurs intérêts économiques, qui dépendent fortement du libre flux d'énergie en provenance de la région. Cette initiative pourrait compliquer les efforts des États-Unis pour construire un large front international contre Téhéran et pourrait entraîner de nouvelles frictions au sein de l'alliance de l'OTAN.
L'impact potentiel d'un blocus d'Ormuz ne peut être surestimé. Un arrêt soudain d'un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole dépasserait de loin les interruptions de production observées pendant la guerre du Golfe ou lors des attaques de 2019 contre l'installation saoudienne d'Abqaiq. Les analystes prévoient que les prix pourraient grimper à plus de 150 dollars le baril, un niveau qui pèserait lourdement sur l'économie mondiale, alimenterait une inflation galopante et augmenterait considérablement les coûts d'exploitation pour les industries, de l'aviation à l'industrie manufacturière.
Cette prime de risque géopolitique est désormais réintégrée dans les prix du marché. La menace seule suffit à provoquer une fuite généralisée des actifs risqués, les investisseurs étant susceptibles de vendre les actions et les obligations d'entreprises au profit de valeurs refuges comme les bons du Trésor américain et l'or. La situation reste très volatile, la direction du marché dépendant de la question de savoir si la menace du président Trump est perçue comme crédible ou purement rhétorique.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.