UBS pourrait bénéficier d'un allègement concernant l'augmentation de capital de 22 milliards de dollars proposée, alors que des législateurs suisses clés signalent en privé leur volonté d'assouplir les réformes controversées sur les banques « trop grandes pour faire faillite ».
L'action UBS Group AG a grimpé de plus de 3 % après des informations selon lesquelles de hauts responsables parlementaires suisses auraient assuré en privé à la banque qu'ils chercheraient un compromis sur les nouvelles règles de fonds propres strictes, lesquelles pourraient ajouter plus de 22 milliards de dollars à ses exigences. Cette initiative suggère une possible désescalade du conflit entre l'unique banque mondiale du pays et ses régulateurs.
Un groupe restreint de parlementaires issus de divers partis a déclaré aux dirigeants d'UBS qu'ils « résoudraient le problème en s'accordant sur un compromis », a rapporté le Financial Times (FT), citant des sources proches du dossier. Ces assurances interviennent avant une décision officielle du gouvernement sur ce paquet législatif, qui pourrait être publiée dès ce mois-ci.
Le titre de la banque a progressé suite à cette nouvelle, offrant une lueur d'espoir dans une année difficile où l'action reste en baisse de près de 18 %. Les réglementations proposées — une réponse directe au rachat de son rival déchu Credit Suisse en 2023, orchestré par le gouvernement — ont pesé lourdement sur les investisseurs, créant une incertitude quant aux rendements futurs et au déploiement du capital.
L'enjeu est de savoir si la dernière banque mondiale de Suisse sera confrontée à ce qu'elle considère comme un désavantage concurrentiel paralysant. Les règles pourraient l'obliger à détenir des milliards de dollars de capital supplémentaire pour ses opérations internationales par rapport à ses pairs aux États-Unis et au Royaume-Uni. La banque a d'ailleurs prévenu en privé qu'elle pourrait envisager de déplacer son siège social si aucun compromis n'était trouvé.
Une refonte réglementaire en deux parties
Le paquet de réformes « trop grandes pour faire faillite » (TBTF), présenté l'année dernière par la ministre suisse des Finances Karin Keller-Sutter, comporte deux composantes principales. La première concerne des modifications réglementaires de l'exécutif axées sur la qualité du capital d'UBS. Ces mesures durcissent le traitement des actifs d'impôts différés et des logiciels internes, ce qui, selon les analystes du FT, pourrait ajouter entre 2 et 3 milliards de dollars aux exigences de fonds propres de base, avec un impact global pouvant atteindre 11 milliards de dollars en restreignant les types de capital comptabilisés. Cette partie ne nécessite pas l'approbation du Parlement.
La seconde proposition, beaucoup plus controversée, exigerait qu'UBS détienne nettement plus de capital pour ses opérations internationales. Cette mesure vise à garantir que les filiales étrangères puissent être stabilisées de manière indépendante en cas de crise, sans dépendre de la maison mère suisse. C'est sur cette partie de la législation que les législateurs ont une plus grande marge de manœuvre, et l'impact en capital est estimé à environ 22 milliards de dollars.
Les législateurs signalent leur flexibilité
Les dirigeants d'UBS, dont le président Colm Kelleher et le PDG Sergio Ermotti, ont exprimé leur frustration face à ce qu'ils considèrent comme une réticence du gouvernement à négocier directement. Ils ont publiquement mis en garde contre les dommages pour la compétitivité de la Suisse et le risque de créer une pénalité réglementaire pour la banque.
Les assurances privées des parlementaires indiquent que ce message est entendu. Le processus devrait passer en mai devant la Commission de l'économie et des redevances du Conseil national, donnant aux élus un contrôle plus direct. « À partir de ce moment-là, nous aurons un plus grand pouvoir de décision », aurait déclaré une source au FT, un débat parlementaire complet devant probablement débuter en juin.
Bien que le ministère des Finances ait précédemment rejeté une proposition de compromis en novembre dernier, les récents développements suggèrent qu'une voie vers l'édulcoration des éléments les plus stricts est désormais ouverte. Toutefois, une source proche de la banque a tempéré auprès du FT : « même si des assurances sont données, rien ne garantit que le résultat final sera acceptable ».
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