Un juge fédéral a rejeté la plainte en diffamation de l'ancien président Donald Trump contre Dow Jones, l'éditeur du Wall Street Journal, estimant que les avocats de Trump n'avaient pas réussi à alléguer de manière plausible que le journal avait agi avec une « malveillance réelle » (actual malice) dans un article concernant une lettre envoyée à Jeffrey Epstein.
« Parce que le président Trump n'a pas allégué de manière plausible que les défendeurs ont publié l'article avec une malveillance réelle, les deux chefs d'accusation doivent être rejetés », a écrit le juge de district américain Darrin Gayles, nommé par le président Barack Obama, dans sa décision.
La plainte, qui réclamait des milliards de dollars de dommages et intérêts, découlait d'un reportage du Wall Street Journal de juillet concernant une lettre de 2003 adressée à Epstein et signée « Donald ». Le juge a accordé à l'équipe juridique de Trump un délai allant jusqu'au 27 avril pour déposer une plainte modifiée. Cela s'inscrit dans une série de contestations judiciaires lancées par Trump contre des médias, notamment une plainte de 15 milliards de dollars contre le New York Times récemment rejetée.
Ce rejet représente une victoire mineure pour Dow Jones, une filiale de News Corp, en éliminant une distraction juridique, bien que l'impact sur les finances de l'entreprise soit négligeable. Pour Trump, cette décision marque un nouveau revers dans sa guerre juridique continue contre les organisations médiatiques, avec la possibilité d'une plainte modifiée pour maintenir l'affaire en vie alors qu'il fait face à de nombreuses autres batailles judiciaires.
La lettre et le procès
La controverse a débuté avec un article du Wall Street Journal en juillet, qui décrivait une lettre incluse dans un livre offert à Epstein pour son 50e anniversaire en 2003. La lettre dactylographiée, encadrée par la silhouette d'une femme nue, disait : « Joyeux anniversaire – et que chaque jour soit un autre secret merveilleux ». Elle était signée « Donald ».
Trump a nié avoir écrit la lettre et a rapidement déposé une plainte contre Dow Jones, sa société mère News Corp, et plusieurs personnes dont Rupert Murdoch, réclamant des milliards de dollars. La plainte soutenait qu'aucune lettre authentique de ce type n'existait et que l'article du Journal était une tentative malveillante de le diffamer.
Les avocats de Dow Jones ont répliqué que l'article était véridique et ont souligné la publication ultérieure de la lettre par la commission de surveillance de la Chambre des représentants, qui l'avait obtenue de la succession d'Epstein. Ils ont également fait valoir que le contenu de la lettre était cohérent avec la personnalité publique de Trump et ont noté que l'article original incluait son démenti.
Un modèle de litige médiatique
Cette affaire est l'une des nombreuses plaintes en diffamation que le président Trump a déposées contre de grands médias. En septembre, un juge fédéral a rejeté sa plainte de 15 milliards de dollars contre le New York Times, qualifiant la plainte de « diatribe politisée ». Trump a depuis déposé une version modifiée de cette plainte. En décembre, il a également poursuivi la BBC en diffamation pour le montage d'un documentaire.
Ces actions en justice mettent en lumière une stratégie de longue date de l'ancien président consistant à utiliser les tribunaux pour contester une couverture médiatique qu'il juge défavorable. Cependant, le rejet systématique de ces affaires par les juges souligne la barre juridique élevée pour prouver la diffamation contre des personnalités publiques aux États-Unis, ce qui nécessite de démontrer une « malveillance réelle » — à savoir que l'éditeur savait que l'information était fausse ou a agi avec un mépris total de la vérité.
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