Le fossé entre les États-Unis et ses alliés de l'OTAN s'élargit alors que la Maison Blanche envisage de punir les membres qui n'ont pas soutenu la récente guerre en Iran.
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Le fossé entre les États-Unis et ses alliés de l'OTAN s'élargit alors que la Maison Blanche envisage de punir les membres qui n'ont pas soutenu la récente guerre en Iran.

L'administration Trump étudie un plan visant à punir certains alliés de l'OTAN pour ce qu'elle considère comme un manque de soutien pendant la guerre avec l'Iran, potentiellement en relocalisant une partie des 84 000 soldats américains stationnés en Europe, selon un rapport du Wall Street Journal. Cette proposition, bien qu'elle ne soit pas un retrait total des États-Unis de l'alliance, signale une escalade significative des tensions transatlantiques.
« Il est assez triste que l'OTAN ait tourné le dos au peuple américain au cours des six dernières semaines, alors que c'est le peuple américain qui finance leur défense », a déclaré mercredi la secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt. Elle a ajouté que le président Trump prévoyait une « conversation franche et directe » avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, qui était à Washington pour des discussions.
Le plan, qui en est à ses débuts selon des responsables, impliquerait le déplacement des forces américaines des pays jugés peu coopératifs pendant le conflit et leur redéploiement vers des nations plus solidaires. Selon le Council on Foreign Relations, les États-Unis disposent d'environ 84 000 soldats à travers l'Europe, servant de plaque tournante critique pour les opérations militaires mondiales et de force de dissuasion contre l'agression russe.
Ce repositionnement potentiel représente une conséquence tangible du fossé croissant entre les États-Unis et ses alliés européens suite à la décision de lancer la guerre contre l'Iran sans un large soutien des alliés. Bien que cette mesure ne nécessite pas l'approbation du Congrès, contrairement à un retrait complet, elle pourrait modifier fondamentalement le paysage sécuritaire en Europe et fragiliser davantage l'alliance vieille de 77 ans.
La proposition de punir certains membres de l'OTAN fait suite aux actions de plusieurs gouvernements européens que l'administration Trump a jugées obstructives. Les responsables ont exprimé leur frustration envers l'Allemagne après que ses dirigeants ont critiqué la guerre, et envers l'Espagne, qui aurait bloqué l'utilisation de son espace aérien par les avions américains impliqués dans l'opération.
D'autres alliés ont également imposé des restrictions. L'Italie a brièvement empêché les États-Unis d'utiliser une base aérienne en Sicile, tandis que la France a posé des conditions à l'utilisation d'une base dans sa région sud, selon le Journal. Au-delà du déplacement des troupes, la Maison Blanche envisagerait également la fermeture d'au moins une base américaine, probablement en Allemagne ou en Espagne.
En revanche, le plan pourrait récompenser les pays qui étaient plus alignés sur la position américaine. Des nations comme la Pologne, la Roumanie, la Lituanie et la Grèce sont considérées comme des bénéficiaires potentiels d'un réalignement des troupes. Ces pays affichent des niveaux de dépenses de défense plus élevés et ont été parmi les premiers à soutenir une coalition internationale pour surveiller le détroit d'Ormuz.
Déplacer les forces vers l'est placerait davantage de troupes américaines près de la frontière russe, une initiative susceptible de s'antagoniser avec Moscou, mais qui serait accueillie favorablement par les alliés d'Europe de l'Est qui réclament depuis longtemps une présence américaine plus robuste. Ces discussions interviennent alors que le président Trump a critiqué à plusieurs reprises la réponse de l'OTAN au conflit iranien, déclarant cette semaine qu'il était « très déçu » par l'alliance.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.