Le président Donald Trump est intervenu directement lundi dans la diplomatie au Moyen-Orient, exhortant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à ne pas riposter contre l'Iran, alors que le pétrole grimpait et que le Bitcoin était secoué par le plus grave échange de tirs depuis un cessez-le-feu conclu en avril.
Trump a exhorté Netanyahu à faire marche arrière après qu'Israël a frappé des installations pétrochimiques dans la province iranienne du Khouzistan, faisant grimper le Brent de 4,40 $ à 97,49 $ le baril et provoquant une vive agitation du Bitcoin, les traders évaluant le risque d'un conflit régional plus large.
« Les États-Unis portent la responsabilité de l'agression du régime israélien, et ils seront également responsables des conséquences de toute escalade des tensions », a déclaré Esmail Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, lors d'un point presse lundi à Téhéran.
Les frappes israéliennes ont blessé au moins 15 personnes en Iran, selon l'Organisation nationale d'urgence médicale, tandis que le commandement militaire conjoint iranien a déclaré avoir cessé les opérations offensives quelques heures après avoir lancé des missiles sur des bases militaires israéliennes. Netanyahu a reconnu cette interruption mais a promis de répondre « avec force » à toute future attaque. Cet échange de tirs constitue la première hostilité directe depuis un cessez-le-feu le 8 avril parrainé par les États-Unis.
La trêve fragile est désormais confrontée à son test le plus sévère. L'envoyé iranien à l'ONU a déclaré lundi espérer que les discussions américano-iraniennes « aboutiront à une conclusion » d'ici la fin juin, mais ces nouveaux affrontements ont déjà eu des répercussions sur les marchés mondiaux. Le Brent s'échangeait à 97,49 $, en hausse de près de 5 %, tandis que le Bitcoin oscillait fortement, les traders pesant la capacité de l'intervention de Trump à désamorcer les tensions ou à signaler une instabilité plus profonde.
Les marchés pétroliers intègrent une nouvelle prime de risque
La flambée du pétrolier reflète l'évaluation par le marché que les voies d'approvisionnement via le détroit d'Ormuz — qui traite environ 21 % du commerce mondial du pétrole brut — sont à nouveau vulnérables. L'Irak a fermé son espace aérien pour 72 heures à titre préventif, tandis que la Syrie a temporairement fermé l'aéroport international de Damas. L'Union européenne a approuvé des sanctions contre des individus et entités iraniens impliqués dans la perturbation du transit par le détroit, la première utilisation d'un nouveau système de sanctions pour la liberté de navigation.
Le Bitcoin tangue au gré des risques liés aux gros titres
Le Bitcoin a alterné gains et pertes alors que les traders réagissaient aux gros titres géopolitiques en évolution rapide. La volatilité de la cryptomonnaie reflète sa sensibilité aux risques macroéconomiques, cette agitation traduisant une profonde incertitude quant à savoir si la confrontation va s'intensifier ou s'apaiser. L'intervention de Trump — qu'il a décrite comme un appel à un cessez-le-feu immédiat — pourrait soit désamorcer les tensions, potentiellement haussière pour les actifs risqués, soit signaler une instabilité plus profonde si Israël défie la demande.
Précédent historique et perspectives
La dernière fois qu'Israël et l'Iran ont échangé des tirs directs en avril, le pétrole avait brièvement touché 95 $ avant de reculer alors que le cessez-le-feu tenait. Cette fois, les enjeux sont plus élevés : Israël frappe également des cibles du Hezbollah au Liban, où 29 membres de l'armée libanaise ont été tués depuis mars, selon le ministre libanais de l'Information, Paul Morcos. Les rebelles houthis au Yémen sont également entrés dans la mêlée, revendiquant une attaque de missile contre Israël et avertissant que les navires liés à Israël seraient à nouveau des cibles en mer Rouge.
Si le cessez-le-feu tient, le pétrole pourrait revenir vers 90 $ à mesure que la prime de risque s'estompe. Si les hostilités reprennent, le Brent pourrait tester les 100 $ pour la première fois depuis 2022, le Bitcoin étant susceptible de subir une nouvelle pression vendeuse, les investisseurs se tournant vers des actifs refuges.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.