Les probabilités de destitution du président Donald Trump sur les marchés de prédiction ont bondi pour atteindre un record de 67 % cette semaine, signalant qu'un cessez-le-feu fragile dans le conflit avec l'Iran n'a guère apaisé les inquiétudes des marchés concernant la stabilité politique.
La flambée de la probabilité de destitution, suivie sur des plateformes telles que Kalshi et Polymarket, reflète l'anxiété croissante des investisseurs face à la gestion par l'administration du conflit avec l'Iran, qui voit les États-Unis et Israël engagés dans des attaques depuis près de six semaines.
Le contrat Kalshi, qui se dénoue en fonction des archives de la Bibliothèque du Congrès, a évalué la probabilité de destitution à 67 % le 7 avril, tandis qu'un marché similaire sur Polymarket a atteint 64 %. Cela représente une augmentation significative du risque perçu, dépassant les sommets précédents observés lors de la mise en place de tarifs douaniers américains majeurs en avril 2025.
L'incertitude politique accrue représente un événement de « risk-off » (aversion au risque) significatif pour les marchés mondiaux, ce qui pourrait déclencher une volatilité accrue et une fuite vers les actifs refuges. La situation reste fluide, les traders surveillant de près toute nouvelle escalade au Moyen-Orient ou tout nouveau développement en provenance de Washington.
Les marchés de destitution évaluent le risque politique
Les marchés de prédiction, qui permettent aux utilisateurs de parier sur l'issue d'événements futurs, sont devenus un baromètre très suivi du risque politique. Les probabilités de 64 % sur Polymarket pour l'impeachment de Trump, enregistrées le 7 avril, étaient proches du record du contrat depuis son lancement le 19 mars. Le contrat Kalshi, qui court jusqu'au 1er janvier 2028, a montré un sentiment similaire avec des probabilités culminant à 67 %.
Ces chiffres suggèrent qu'une partie importante des acteurs du marché estime que les retombées politiques du conflit iranien pourraient mener à une procédure de destitution formelle. Le conflit, baptisé « Opération Epic Fury », a entraîné plus de 3 500 décès en Iran, dont au moins 1 665 civils, selon l'Agence de presse des militants des droits de l'homme.
Le cessez-le-feu ne parvient pas à calmer la nervosité des marchés
L'augmentation des probabilités de destitution survient alors même qu'un cessez-le-feu de deux semaines a été convenu, sous réserve que Téhéran lève son blocus du détroit d'Ormuz. L'accord a été conclu seulement 90 minutes avant l'échéance fixée par le président Trump, qui avait menacé qu'une « civilisation entière mourrait ce soir » si cette voie maritime vitale n'était pas rouverte.
Malgré ce répit temporaire, l'évaluation par le marché du risque de destitution indique que le cessez-le-feu est perçu comme une solution fragile. Les investisseurs restent méfiants quant au potentiel de reprise du conflit et à la nature imprévisible de la politique étrangère de l'administration. Le précédent pic de probabilité de destitution sur Kalshi remonte au 2 avril 2025, lorsque Trump avait annoncé d'importants tarifs douaniers sur les importations américaines, un autre événement qui avait créé une incertitude majeure sur les marchés.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.