Le conflit croissant entre Donald Trump et Disney au sujet d'une blague nocturne constitue le premier test politique majeur pour le nouveau PDG Josh D’Amaro, ravivant les inquiétudes concernant la liberté d'expression en entreprise et les pressions présidentielles.
La pression politique sur Walt Disney Co. (DIS) s'intensifie après que l'ancien président Donald Trump a exigé lundi le licenciement de l'animateur d'ABC Jimmy Kimmel pour une blague sur Melania Trump. Cet appel au licenciement, qui fait suite à une demande similaire de la première dame, présente une blague de l'émission de Kimmel du 23 avril comme un « appel méprisable à la violence », quelques jours seulement avant une tentative d'assassinat lors du dîner des correspondants de la Maison Blanche.
« Ce type de rhétorique a conduit des gens fous à croire des choses folles, et ils sont inspirés à commettre des violences à cause de ces mots », a déclaré la secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, lors d'un point de presse lundi, qualifiant les commentaires de Kimmel de « complètement dérangés ».
La controverse est centrée sur une blague tirée du monologue parodique de Kimmel pour le dîner des correspondants de la Maison Blanche, où il a déclaré à propos de la première dame : « vous avez un éclat de veuve en attente ». Dans un message sur X, Melania Trump a qualifié le monologue de « rhétorique haineuse et violente », tandis que l'ancien président a écrit sur Truth Social que Kimmel « devrait être immédiatement licencié par Disney et ABC ».
L'impasse crée un défi important pour Disney et son nouveau directeur général Josh D’Amaro, qui a succédé à Bob Iger il y a seulement six semaines. La situation fait écho à un événement similaire survenu il y a moins d'un an, lorsqu'ABC avait brièvement suspendu Kimmel sous la pression de l'administration Trump, soulevant des questions pour les investisseurs sur la capacité de l'entreprise à gérer le risque politique sans s'aliéner ses talents ou une partie importante de son public.
Un test à enjeux élevés pour la nouvelle direction
Tous les regards sont tournés vers D’Amaro, qui fait face à sa première controverse politique majeure en tant que PDG. Alors que Disney, ABC et les représentants de Kimmel sont restés silencieux jusqu'à présent, la prise de décision impliquera probablement des cadres clés ayant géré l'incident précédent, notamment Dana Walden, désormais numéro 2 de D'Amaro. Lors de l'événement précédent, Walden avait expliqué la suspension comme un effort pour « faire baisser la température », une stratégie qui avait finalement irrité les deux côtés de l'échiquier politique. La réponse de l'entreprise sera désormais un indicateur critique de sa stratégie sous sa nouvelle direction.
Échos d'une suspension en 2025
Cet incident est presque une répétition directe d'une controverse de septembre 2025. À l'époque, Kimmel avait été suspendu pendant une semaine après avoir plaisanté sur la réaction du mouvement MAGA à l'assassinat de l'activiste conservateur Charlie Kirk. Cette suspension était intervenue après que le président de la FCC nommé par Trump, Brendan Carr, a publiquement fait pression sur ABC et qu'au moins deux grands propriétaires de stations affiliées, Nexstar et Sinclair, ont déclaré qu'ils ne diffuseraient pas l'émission. ABC était revenue sur sa décision en moins d'une semaine après un tollé général, et les commentaires anti-Trump de Kimmel n'ont fait que s'accentuer depuis. Le silence actuel de Nexstar et Sinclair pourrait donner à Disney plus de marge de manœuvre que lors de l'incident de 2025.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.