La saisie d'un navire iranien par les États-Unis attise les tensions dans le détroit d'Ormuz, mais le fait que plus de deux douzaines d'autres navires auraient brisé le blocus suggère que ce point de passage stratégique reste contesté.
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La saisie d'un navire iranien par les États-Unis attise les tensions dans le détroit d'Ormuz, mais le fait que plus de deux douzaines d'autres navires auraient brisé le blocus suggère que ce point de passage stratégique reste contesté.

(P1 - Lede) Le blocus de l'Iran par l'armée américaine, vieux d'une semaine, a été mis à rude épreuve après la saisie d'un cargo iranien dimanche, suivie de rapports indiquant qu'au moins 26 autres navires liés à Téhéran, dont 11 pétroliers, ont réussi à forcer le cordon, accentuant l'incertitude pour les 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole qui dépendent du détroit d'Ormuz.
(P2 - Authority) « La fermeture du détroit est totalement intenable pour l'économie mondiale », a déclaré Arjun Murti, associé au sein de la société de recherche sur l'énergie Veriten, à World Oil. « Le marché fonctionnait avec l'idée que le détroit était sur le point de rouvrir... Jusqu'à présent, cela ne s'est pas avéré exact. »
(P3 - Details) Ces signaux contradictoires ont chahuté les marchés, les contrats à terme sur le pétrole Brent bondissant initialement d'environ 7 % à 96,85 dollars le baril après la saisie américaine avant de réduire leurs gains. La saisie du cargo sous pavillon iranien Touska le 19 avril, qui, selon les États-Unis, avait tenté de forcer le blocus, a provoqué une promesse de représailles de la part de Téhéran. Cette action fait suite à une extension plus large des efforts militaires américains le 16 avril pour intercepter tout navire dans le monde soupçonné de transporter de la contrebande vers l'Iran.
(P4 - Nut Graf) La porosité apparente du blocus augmente les enjeux pour l'économie mondiale, remettant en question l'efficacité de la stratégie américaine et accroissant le risque d'une confrontation militaire directe. Alors qu'un cessez-le-feu fragile doit expirer cette semaine et que l'Iran rejette un nouveau cycle de pourparlers, la situation menace de prolonger une perturbation qui a déjà envoyé des ondes de choc sur les marchés de l'énergie et pourrait déclencher des pénuries de carburant en Asie et en Europe si les volumes de transit ne se rétablissent pas.
Selon un rapport du journal maritime Lloyd's List du 20 avril, les navires qui ont brisé le blocus depuis son début le 13 avril comprenaient une variété de bâtiments, soulignant la difficulté d'imposer une quarantaine maritime totale. L'armée américaine a détaillé jeudi une liste étendue de marchandises de contrebande, allant des armes à la « contrebande conditionnelle » comme le pétrole, les métaux et l'électronique qu'elle pourrait saisir sur n'importe quel navire.
L'action américaine a consisté à tirer sur le cargo sous pavillon iranien avant de l'aborder et de le saisir dans le golfe d'Oman, selon une déclaration du président Trump. En réponse, un porte-parole militaire iranien a mis en garde contre des représailles contre ce qu'il a qualifié de « piraterie armée », selon les médias d'État. L'incident a plongé les efforts diplomatiques dans le chaos, l'Iran déclarant qu'il ne participerait pas à un second cycle de négociations précédemment annoncé par la Maison Blanche.
L'impasse a créé l'un des chocs les plus graves pour l'approvisionnement énergétique mondial de l'histoire. La fermeture de facto du détroit, qui gère environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole et des volumes importants de GNL, a fait grimper les prix.
La dernière escalade a vu les contrats à terme sur le S&P 500 chuter d'environ 0,9 % alors que les investisseurs réagissaient au risque géopolitique accru. La crainte principale reste une fermeture prolongée du détroit, qui aurait des conséquences dévastatrices. « Si cela ne se produit pas [la réouverture du détroit], les nouvelles de pénuries de carburant en Asie et peut-être en Europe se multiplieront », a prévenu Murti de Veriten. La perturbation est déjà en train de dérouter le commerce mondial, avec des rapports indiquant que les exportations de brut saoudien vers la Chine devraient chuter brutalement alors que les acheteurs cherchent à gérer le risque d'approvisionnement.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.