La société d'ingénierie française Technip Energies SA a réduit ses prévisions de chiffre d'affaires pour l'exercice 2026 jusqu'à 600 millions d'euros, citant des retards de projets et des défis logistiques découlant du conflit en cours au Moyen-Orient et de la fermeture du détroit d'Ormuz.
« En supposant que la situation au Moyen-Orient se normalise d'ici la fin du deuxième trimestre, nous estimons qu'environ 500 à 600 millions d'euros de revenus seront reportés au-delà de 2026 », a déclaré le directeur général Arnaud Pieton dans un communiqué. Il a ajouté que l'impact sur les marges des projets « devrait être substantiellement atténué » grâce à de solides protections contractuelles.
L'entreprise basée à Paris, un constructeur clé d'installations de gaz naturel liquéfié (GNL), a indiqué que son chiffre d'affaires ajusté du premier trimestre s'élevait à 1,78 milliard d'euros, manquant le consensus des analystes de 1,88 milliard d'euros. La société a également revu à la baisse ses prévisions de marge pour 2026 pour sa division principale Project Delivery.
La révision des prévisions souligne l'impact tangible de l'instabilité géopolitique sur les projets énergétiques mondiaux. Le directeur financier Bruno Vibert a confirmé qu'aucun contrat n'avait été annulé, décrivant l'impact comme « juste un décalage » des revenus sur 2027 et 2028. Les actions de la société ont chuté en début de séance à la bourse Euronext Paris suite à cette annonce.
Un carnet de commandes record en contrepoint
Malgré la réduction des prévisions, Technip Energies a fait état d'un succès commercial significatif. Les prises de commandes du premier trimestre ont bondi à 6,05 milliards d'euros, soit une multiplication par plus de neuf par rapport aux 662,7 millions d'euros enregistrés à la même période l'année dernière. Cette progression a été portée par des contrats majeurs, notamment le projet North Field West LNG pour QatarEnergy et un projet de carburant d'aviation durable pour SkyNRG.
Ces commandes solides ont porté le carnet de commandes ajusté de l'entreprise à un niveau record de 20,2 milliards d'euros, offrant ce que la société a appelé une « excellente visibilité pour les années à venir ».
Impacts plus larges du conflit
La perturbation du détroit d'Ormuz, un point de passage critique pour les expéditions énergétiques mondiales, a provoqué des ondes de choc dans l'économie mondiale. Le Fonds monétaire international a prévenu qu'une fermeture prolongée pourrait freiner la croissance mondiale et faire grimper l'inflation, les pays importateurs d'énergie étant confrontés aux difficultés les plus aiguës. Technip Energies a une exposition significative à la région avec des projets GNL majeurs au Qatar, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite.
La baisse des prévisions de Technip Energies signale que les reports de revenus liés aux projets constituent un risque majeur pour les sociétés de services énergétiques. L'hypothèse clé est que le conflit régional se normalise d'ici la fin du deuxième trimestre. Les investisseurs surveilleront de près tout signe de perturbation prolongée qui pourrait retarder davantage la reconnaissance du carnet de commandes record de l'entreprise.
Cet article est uniquement destiné à des fins d'information et ne constitue pas un conseil en investissement.