Un nouveau recours collectif déposé par Hagens Berman allègue que Super Micro Computer Inc. a dissimulé un stratagème de plusieurs milliards de dollars pour exporter illégalement des serveurs d'IA vers la Chine, une nouvelle qui a provoqué une chute de l'action de 10,26 $, soit 33 %.
La plainte, déposée devant le tribunal de district des États-Unis pour le district nord de la Californie, affirme que Super Micro et ses hauts dirigeants ont violé les lois fédérales sur les valeurs mobilières en cachant les ventes illégales de serveurs équipés de puces restreintes de Nvidia Corp. « Les défendeurs ont dissimulé un vaste stratagème illégal visant à vendre pour des milliards de dollars de serveurs d'IA avancés... à la République populaire de Chine via une entité écran en Asie du Sud-Est », indique la plainte de Hagens Berman.
La plainte affirme que l'ampleur réelle de la fraude a été révélée le 19 mars 2026, lors de la levée des scellés d'un acte d'accusation du ministère de la Justice contre un cofondateur de l'entreprise. Toutefois, elle identifie également deux événements antérieurs comme des « divulgations correctives partielles ». Le 28 août 2024, l'annonce par Super Micro du report de son rapport annuel, lié plus tard à une enquête interne sur la conformité des exportations, a entraîné une baisse de 19 % de l'action. Le 30 octobre 2024, le titre a chuté de 32,6 % supplémentaires après que l'entreprise a révélé que son auditeur, Ernst & Young, avait démissionné en raison d'une incapacité à faire confiance aux déclarations de la direction concernant les transactions d'exportation.
Cette action en justice fait suite à plusieurs autres recours collectifs, dont celui du cabinet Schall Law Firm, et à un acte d'accusation du ministère américain de la Justice visant le cofondateur et vice-président senior Yih-Shyan « Wally » Liaw. L'acte d'accusation allègue un complot ayant généré au moins 2,5 milliards de dollars de ventes en détournant des serveurs haute performance vers la Chine, en utilisant des méthodes telles que la mise en scène de « faux » serveurs et la fabrication de contrats de location pour tromper les auditeurs. L'imbroglio juridique comprend également une enquête criminelle menée par les autorités taïwanaises sur une suspicion de contrebande de serveurs d'IA.
Pression croissante sur le récit de croissance de l'IA
L'accumulation de poursuites et d'enquêtes fédérales exerce une pression intense sur le récit d'investissement de Super Micro, qui repose largement sur sa position sur le marché à forte demande de l'infrastructure des centres de données d'IA. Bien que l'entreprise ait nommé de nouveaux dirigeants commerciaux pour stabiliser les comptes clés et stimuler les ventes, les allégations de défaillances de conformité généralisées et d'inconduite des dirigeants menacent directement la confiance des investisseurs. Les procédures judiciaires remettent en cause la crédibilité de la gouvernance de l'entreprise et la qualité de ses bénéfices, qui étaient au cœur de son scénario de redressement des marges.
La vague d'actions en justice défie directement la gouvernance et la conformité des exportations de Super Micro, créant une incertitude significative pour les investisseurs. L'issue de ces poursuites et de l'affaire du DOJ, qui devrait se dérouler au cours des prochains mois, sera un facteur critique pour la performance de l'action.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.