Les valorisations du marché boursier américain pourraient être nettement plus élevées qu'elles ne le paraissent, les bénéfices des entreprises étant potentiellement gonflés de 15 % en raison de la détérioration de la qualité des résultats, selon un rapport du cabinet de recherche indépendant Veritas Analytics.
« Les investisseurs paient une prime pour des bénéfices moins fiables qu'ils ne l'ont été depuis des années », a déclaré John Carter, analyste principal chez Veritas, dans la note du 3 avril. « Le multiple cours/bénéfice affiché ne dit pas tout, et une réévaluation significative du risque pourrait se profiler à l'horizon. »
Le rapport soutient que le ratio cours/bénéfice (P/E) glissant du S&P 500, qui s'élève à environ 21, pourrait être proche de 24 si des ajustements étaient effectués pour tenir compte des bénéfices de moindre qualité. Cela inclut une plus grande dépendance aux gains exceptionnels, des hypothèses comptables agressives et une divergence croissante entre les bénéfices déclarés et les flux de trésorerie disponibles. L'analyse intervient alors que l'indice de volatilité CBOE, ou VIX, oscille près de ses plus bas d'un an, suggérant un degré élevé de complaisance des investisseurs.
Une révision à la hausse de 15 % du ratio P/E du marché implique un risque de baisse similaire pour les actions si le sentiment des investisseurs se déplace vers la qualité des bénéfices. Cela pourrait déclencher une correction poussant le S&P 500 vers le niveau des 4 500 points. Le prochain catalyseur majeur pour les marchés sera le rapport sur l'indice des prix à la consommation (IPC), qui fournira d'autres indices sur la trajectoire de l'inflation et la politique de la Réserve fédérale.
La qualité des bénéfices sous surveillance
L'analyse de Veritas souligne plusieurs signaux d'alarme. Pour l'ensemble du S&P 500, l'écart entre le bénéfice net et le flux de trésorerie d'exploitation s'est creusé de 5 % au cours des deux dernières années, soit la divergence la plus importante hors récession au cours des trois dernières décennies. Cela suggère que les entreprises enregistrent des bénéfices qui ne sont pas soutenus par une génération réelle de trésorerie. Le rapport met en évidence une augmentation de l'utilisation des « autres revenus » et des ajustements des plans d'amortissement comme principales méthodes pour gonfler les résultats nets.
Cette dynamique se produit dans un environnement macroéconomique complexe. Alors que le rendement du Trésor à 10 ans est resté relativement stable autour de 4,25 %, tout signe d'inflation persistante dans la prochaine publication de l'IPC pourrait forcer les rendements à la hausse, exerçant une pression supplémentaire sur les valorisations boursières. L'indice du dollar américain (DXY) est resté fort, ce qui pourrait également constituer un vent contraire pour les bénéfices des multinationales.
Cet article est fourni à titre indicatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.