Stellantis NV est en pourparlers avec le groupe chinois Dongfeng Motor au sujet d'un vaste partenariat de production qui pourrait voir Dongfeng fabriquer des voitures en Europe en utilisant les usines sous-utilisées de Stellantis, un mouvement qui remodèlerait le paysage automobile du continent. Les discussions, rapportées par Bloomberg citant des sources proches du dossier, s'inscrivent dans le cadre d'une remise en question stratégique majeure du constructeur transatlantique, alors qu'il est confronté à des capacités excédentaires en Europe et à une présence insuffisante en Chine.
Bien qu'aucune déclaration officielle n'ait été publiée, le rapport indique que des représentants de Dongfeng ont récemment visité les installations de Stellantis en Allemagne et en Italie pour évaluer leurs capacités de production. Les négociations exploreraient plusieurs pistes, allant d'un simple accord de fabrication sous contrat à un accord plus substantiel impliquant l'acquisition ou la prise de participation directe de Dongfeng dans une ou plusieurs usines européennes.
Ces discussions font partie d'une stratégie plus large du directeur général de Stellantis, Carlos Tavares, visant à optimiser l'empreinte industrielle mondiale de l'entreprise. L'accord potentiel pourrait également impliquer la fabrication par Dongfeng de véhicules pour certaines des 14 marques de Stellantis en Chine, où l'entreprise a eu du mal à s'imposer. Le constructeur a également tenu des discussions avec d'autres fabricants chinois de véhicules électriques, notamment Xiaomi et Xpeng, signalant son ouverture à de multiples partenariats.
Un accord fournirait à Dongfeng, géant automobile d'État, une base de fabrication cruciale au sein de l'Union européenne, lui permettant potentiellement de contourner les futurs droits de douane sur les importations automobiles chinoises dans un contexte de tensions commerciales croissantes. Pour Stellantis, cela offre un moyen de monétiser des actifs inactifs et de réduire les coûts fixes, bien que tout accord soit susceptible de faire l'objet d'un examen intense de la part des gouvernements européens et des puissants syndicats inquiets des pertes d'emplois et d'une concurrence accrue.
Virage stratégique pour les deux constructeurs
Le partenariat potentiel marque un pivot significatif pour les deux entreprises. Stellantis s'est montré loquace sur les défis posés par les exportations de VE chinois à bas prix vers l'Europe. Un accord avec Dongfeng représenterait un changement stratégique de la confrontation vers la coopération, utilisant les prouesses de fabrication chinoises à son propre avantage. Ce serait également un aveu tacite de ses difficultés en Chine, où sa part de marché est inférieure à un pour cent.
Pour Dongfeng, partenaire de longue date de l'ancien groupe PSA (prédécesseur de Stellantis), cette initiative accélérerait ses plans d'expansion européenne. Établir un pied-à-terre de production sur le continent est un objectif clé pour les constructeurs chinois qui cherchent à renforcer la crédibilité de leur marque et à éviter les vents contraires logistiques et politiques liés à l'exportation depuis leur marché national.
Les détails d'un éventuel accord, y compris sa valeur et sa structure, n'ont pas encore été divulgués. Les négociations sont en cours et pourraient ne pas aboutir à un accord final. Cependant, ces seules discussions soulignent les interdépendances croissantes entre les industries automobiles européenne et chinoise alors que le secteur navigue dans la transition coûteuse vers les véhicules électriques.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.