(P1) SpaceX effectuera le premier vol d'essai de son Starship V3 le 20 mai, un lancement qui constitue une étape critique pour son introduction en bourse (IPO) prévue à 1 750 milliards de dollars. Le succès ou l'échec de cette fusée de 408 pieds, la plus puissante jamais construite, influencera directement l'appétit des investisseurs pour une offre qui pourrait lever entre 50 et 75 milliards de dollars dès le 12 juin.
(P2) « Il est très difficile de s'intéresser à autre chose qu'aux 3 000 milliards de dollars d'introductions en bourse potentielles qui, en théorie, vont avoir lieu l'année prochaine », a déclaré Sam Lessin, associé chez Slow Ventures, à CNBC, faisant référence à l'attente massive du marché pour SpaceX, OpenAI et Anthropic.
(P3) Le lancement précède le dépôt public attendu du prospectus d'introduction en bourse de SpaceX dès le lendemain. La valorisation proposée éclipse les récentes cotations massives, notamment celle du fabricant de puces IA Cerebras Systems, qui a levé 5,55 milliards de dollars en mai. Un vol réussi validerait le saut technologique du Starship V3, qui affiche une capacité de charge utile de 100 tonnes, une réutilisation complète et des systèmes de ravitaillement en orbite.
(P4) L'enjeu n'est pas seulement la plus grande introduction en bourse de l'histoire, mais aussi le contrat de plusieurs milliards de dollars de SpaceX avec la NASA pour utiliser Starship comme véhicule d'atterrissage pour les missions lunaires Artemis III et IV. Un échec pourrait retarder l'IPO, compliquer son rôle dans le programme Artemis et offrir une ouverture critique à des concurrents comme Blue Origin de Jeff Bezos.
Un bond de capacité par 3
Le Starship V3 représente une mise à niveau générationnelle par rapport à son prédécesseur. Le booster Super Heavy de la fusée, propulsé par 33 moteurs Raptor 3, génère environ 18 millions de livres de poussée, permettant une augmentation de près de 3 fois de la capacité de charge utile, passant de 35 tonnes à plus de 100 tonnes. Ce bond réduit considérablement le coût par livre en orbite et le nombre de lancements nécessaires pour les déploiements de satellites à grande échelle ou la construction de bases lunaires.
SpaceX a également conçu le V3 pour une réutilisation rapide. La conception comprend un système de « hot-staging » intégré, qui réduit la perte de composants pendant la séparation des étages, et des ailerons de grille plus grands et plus solides pour améliorer la précision de l'atterrissage du booster. Pour ce vol, le booster tentera un amerrissage en douceur dans le golfe du Mexique, tandis que l'étage supérieur devrait atterrir dans l'océan Indien après un vol de 65 minutes.
L'impératif Artemis
Le système le plus critique est peut-être celui du ravitaillement en orbite. Le Starship V3 est la première version équipée de ports d'amarrage et de systèmes de transfert d'ergols conçus pour déplacer des carburants cryogéniques entre deux vaisseaux en orbite terrestre basse. Cette capacité, jamais démontrée à cette échelle, est une exigence obligatoire pour le programme Artemis de la NASA, qui prévoit d'utiliser une variante du Starship pour poser des astronautes sur la Lune, une mission actuellement prévue pour la fin 2027.
Le vol d'essai sera suivi de près par la NASA, qui a vu ses calendriers Artemis glisser. Une démonstration réussie des systèmes de vol de base de Starship est la première étape vers la validation des manœuvres complexes de ravitaillement et d'amarrage nécessaires pour renvoyer des humains sur la surface lunaire. Le prospectus d'introduction en bourse, qui pourrait être publié quelques heures seulement après le vol, donnera aux investisseurs leur premier aperçu officiel des données financières sous-tendant l'une des entreprises technologiques les plus ambitieuses au monde.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.