Le Retard Réglementaire Provoque un Exode de Capitaux de 110 Milliards de Dollars en 2025
Les investisseurs sud-coréens ont transféré plus de 160 billions de wons, soit l'équivalent de 110 milliards de dollars, des plateformes d'échange de cryptomonnaies nationales vers des plateformes offshore en 2025. Un rapport conjoint de Coingecko et Tiger Research, publié le vendredi 2 janvier 2026, a détaillé l'ampleur de cette fuite de capitaux depuis l'un des marchés d'actifs numériques les plus actifs d'Asie. Cette tendance reflète une frustration croissante vis-à-vis de l'environnement réglementaire local, un rapport de novembre d'Aju Press ayant noté que le nombre d'investisseurs sud-coréens détenant des fonds importants sur des comptes de cryptomonnaies à l'étranger avait plus que doublé en une seule année.
Cette sortie de capitaux signale une érosion de la confiance dans l'infrastructure du marché intérieur. Bien que des bourses locales comme Upbit et Bithumb aient généré des billions de wons de revenus, leur croissance stagne désormais, les investisseurs recherchant des instruments de trading plus sophistiqués disponibles ailleurs.
Les Règles Limitant aux Marchés au Comptant Affaiblissent la Compétitivité des Bourses Nationales
Le principal moteur de cet exode est l'écart significatif en termes d'opportunités d'investissement entre la Corée du Sud et les marchés mondiaux. Les plateformes d'échange centralisées (CEX) nationales sont strictement limitées à l'offre de trading au comptant. En revanche, les plateformes étrangères comme Binance et Bybit proposent un éventail plus large de produits financiers complexes, y compris des produits dérivés à effet de levier, qui sont interdits aux traders de détail en Corée du Sud.
Ce désavantage concurrentiel a été aggravé par l'inaction législative. Un cadre complet connu sous le nom de Digital Asset Basic Act (DABA) a été retardé en décembre 2025 en raison de désaccords internes entre les régulateurs, notamment concernant l'émission de stablecoins. La loi existante sur la protection des utilisateurs d'actifs virtuels, entrée en vigueur en 2024, ne parvient pas à résoudre les problèmes critiques de structure de marché comme l'effet de levier ou les dérivés, laissant un vide réglementaire que les bourses étrangères se sont empressées de combler.