La Caroline du Sud a promulgué mardi le projet de loi 163 du Sénat, créant un large cadre juridique qui protège les activités liées aux crypto-monnaies et bloque explicitement l'utilisation d'une monnaie numérique de banque centrale. Le projet de loi a été adopté par la Chambre et le Sénat de l'État avec un soutien écrasant, par des votes respectifs de 110 contre 1 et 38 contre 1.
« La loi empêche les autorités étatiques et locales d'accepter ou d'exiger des paiements dans une monnaie numérique de banque centrale (MNBC) », selon le texte du projet de loi signé par le gouverneur Henry McMaster. Elle leur interdit également de rejoindre tout programme de test de MNBC géré par le Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale ou une autre agence fédérale.
La législation offre des protections claires aux particuliers et aux entreprises pour accepter des actifs numériques pour les paiements et pour utiliser des portefeuilles auto-hébergés. Pour les mineurs de crypto, la loi empêche les gouvernements locaux d'imposer des règles de zonage ou de bruit sur les opérations de minage dans les zones industrielles qui seraient plus strictes que celles applicables aux autres entreprises. Cependant, les entreprises de minage consommant plus d'un mégawatt d'électricité doivent être en mesure de réduire leur consommation d'énergie pendant les périodes de tension sur le réseau.
Cette initiative place la Caroline du Sud aux côtés d'États comme le Kentucky, qui a adopté une loi similaire en mars 2025, dans la création d'un environnement réglementaire favorable aux crypto-monnaies. En apportant une clarté juridique aux mineurs, aux opérateurs de nœuds et aux développeurs de logiciels, qui sont désormais exemptés de certaines exigences de licence de transmetteur de fonds, l'État pourrait attirer davantage d'investissements dans le secteur des actifs numériques avant une éventuelle action fédérale.
Protections étendues pour les utilisateurs et les mineurs
La nouvelle loi modifie le titre 34 du Code des lois de Caroline du Sud pour protéger formellement le droit des particuliers et des entreprises à accepter des actifs numériques comme moyen de paiement et à garder le contrôle de leurs actifs via des portefeuilles auto-hébergés ou matériels. Elle empêche également les gouvernements locaux de prélever des taxes supplémentaires sur les transactions au seul motif qu'un actif numérique a été utilisé comme mode de paiement.
Pour le secteur énergivore du minage de crypto, le projet de loi offre d'importantes protections de zonage. Les gouvernements locaux ne peuvent pas imposer de restrictions spéciales aux entreprises de minage dans les zones zonées industrielles à moins que ces règles ne s'appliquent également à toutes les autres entreprises de cette zone. Bien que cela protège les mineurs contre des réglementations ciblées, cela inclut également une disposition de sécurité du réseau. Les opérations de minage consommant plus d'un mégawatt d'électricité doivent fournir à la Commission des services publics une copie de leur contrat d'achat d'électricité, démontrant leur capacité à réduire la consommation d'électricité en période de forte demande.
L'État rejette la monnaie numérique de banque centrale
Un élément central du projet de loi 163 du Sénat est sa position ferme contre les MNBC. La loi interdit explicitement à toute entité gouvernementale étatique ou locale d'accepter ou d'exiger des paiements en MNBC. Cette mesure garantit que les monnaies numériques émises par la Réserve fédérale ne peuvent pas être intégrées dans les opérations financières de l'État.
L'interdiction s'étend à tous les programmes pilotes, empêchant les agences d'État de participer à tout test d'une MNBC. Cette action législative reflète un débat croissant aux États-Unis sur le potentiel des monnaies numériques émises par le gouvernement à impacter la confidentialité financière et la liberté.
Clarté juridique pour les développeurs et les stakers
Le projet de loi apporte également une clarté indispensable pour les autres participants de l'écosystème crypto. Il précise qu'une licence de transmetteur de fonds n'est pas requise pour plusieurs activités clés, notamment le minage d'actifs numériques, l'exploitation d'un nœud de blockchain, le développement de logiciels de blockchain et l'échange d'un actif numérique contre un autre.
En outre, la loi stipule que les entreprises proposant du « staking-as-a-service » ne sont pas considérées comme proposant une valeur mobilière (security) selon la loi de l'État. Cette clarification réduit une charge réglementaire importante pour ces services, bien que le procureur général de l'État conserve le pouvoir de poursuivre toute activité frauduleuse.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.