La décision de SoftBank Group de ramener à 6 milliards de dollars un prêt prévu garanti par OpenAI signale une prudence croissante des prêteurs face aux valorisations stratosphériques des entreprises privées d'intelligence artificielle.
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La décision de SoftBank Group de ramener à 6 milliards de dollars un prêt prévu garanti par OpenAI signale une prudence croissante des prêteurs face aux valorisations stratosphériques des entreprises privées d'intelligence artificielle.

SoftBank Group a réduit son projet de prêt sur marge garanti par sa participation dans OpenAI à un montant minimum de 6 milliards de dollars, soit une réduction de 40 % par rapport à son objectif initial de 10 milliards de dollars, après avoir fait face aux réticences de certains créanciers. Cette décision, rapportée par Bloomberg citant des sources proches du dossier, suggère un refroidissement potentiel de l'appétit des prêteurs pour le financement d'opérations liées à des entreprises technologiques privées à forte valorisation.
La réduction de l'une des opérations de financement privé les plus attendues de l'année pourrait indiquer un durcissement des conditions de crédit pour d'autres startups de l'intelligence artificielle. Ce développement pourrait introduire une incertitude dans la perception du marché quant à la valorisation d'OpenAI et dans l'environnement global pour les entreprises technologiques à forte intensité de capital.
Selon le rapport, le conglomérat japonais et ses banquiers ont revu à la baisse le montant cible du prêt lors de discussions avec des prêteurs potentiels ces dernières semaines. Bien que les pourparlers soient en cours et que la taille finale puisse encore changer, cette réduction significative témoigne d'une attitude plus prudente des fournisseurs de crédit lors de l'évaluation de l'exposition à des participations privées importantes et illiquides.
Cette hésitation des prêteurs sert de baromètre crucial pour la volonté du marché du crédit privé de souscrire aux valorisations massives observées dans le secteur de l'IA. Pour SoftBank, un prêt moins important pourrait signifier moins de capitaux à déployer dans de nouveaux investissements ou pour renforcer son bilan, affectant potentiellement son pivot stratégique vers des entreprises centrées sur l'IA.
L'approche prudente des créanciers contraste avec un marché du conseil en plein essor pour de telles transactions. Pas plus tard que cette semaine, la banque d'affaires Lazard a annoncé l'acquisition de Campbell Lutyens pour former une unité dédiée au conseil en capital privé, visant un chiffre d'affaires combiné d'environ 500 millions de dollars d'ici 2027. Les dirigeants de Lazard ont noté que les revenus de conseil liés à la « connectivité du capital privé » sont déjà passés d'environ 25 % du total en 2019 à 40 % aujourd'hui, soulignant la demande croissante d'expertise dans la structuration de ces transactions complexes.
Cependant, la révision du prêt de SoftBank suggère une déconnexion potentielle entre la demande de services de conseil et l'offre réelle de capitaux aux valorisations maximales. Alors que les entreprises sont impatientes d'aider à organiser des financements privés, les institutions qui signent les chèques deviennent plus sélectives et sensibles aux prix, en particulier pour les prêts garantis par des actifs qui ne sont pas cotés en bourse et n'ont pas de découverte quotidienne des prix.
La résistance rapportée des prêteurs souligne un examen croissant des valorisations des entreprises en phase avancée soutenues par le capital-risque. OpenAI a été le porte-drapeau du boom de l'IA, avec une valorisation qui s'est envolée sur les marchés privés. La difficulté à obtenir le montage de prêt initial de 10 milliards de dollars peut signaler que le marché du crédit privé commence à exiger une marge de sécurité plus élevée, soit par des ratios prêt-valeur (LTV) plus bas, soit par des clauses plus restrictives.
Cet événement pourrait avoir un effet d'entraînement, incitant à une réévaluation plus large du risque pour les entreprises cherchant à lever de la dette contre leurs participations dans le capital-investissement. Si les prêteurs deviennent plus conservateurs sur un actif de premier plan comme OpenAI, les petites startups de l'IA pourraient être confrontées à des conditions de financement encore plus difficiles, ce qui pourrait accélérer une tendance à la consolidation ou les forcer à rechercher des financements en fonds propres à des conditions moins favorables.
Cet article est uniquement destiné à des fins d'information et ne constitue pas un conseil en investissement.