L'envolée du marché immobilier de seconde main à Shanghai offre un signe timide de reprise dans le secteur immobilier chinois profondément troublé, alors même que d'autres indicateurs économiques pointent vers une faiblesse persistante. La ville a enregistré 7 342 ventes de logements anciens au cours de la semaine du 6 au 12 avril, les transactions quotidiennes ayant atteint un sommet de cinq ans avec 1 632 unités le 11 avril, selon le Shanghai Real Estate Trading Center.
« L'établissement d'un creux au niveau national prend du temps, car la reprise du marché immobilier reste inégale et graduelle », a déclaré Lynn Song, économiste en chef pour la Grande Chine chez ING Economics, dans un rapport. Song a noté que le pessimisme et l'incertitude ont pu maintenir les acheteurs à l'écart au cours des mois précédents.
Le pic des transactions immobilières contraste fortement avec d'autres données récentes qui soulignent une reprise économique fragile. Les ventes au détail nationales ont augmenté de 5,1 % en avril, restant en deçà des 6 % prévus par les économistes, tandis que la croissance de la production industrielle a ralenti à 6,1 %, contre 7,7 % en mars [3]. L'investissement immobilier global a continué de décliner, chutant de 10,3 % en glissement annuel au cours des quatre premiers mois de l'année [3].
Un rebond durable du marché immobilier, qui représente une part substantielle de la richesse des ménages, est essentiel pour relancer la confiance des consommateurs et soutenir l'économie au sens large. Pékin a signalé sa volonté de stimuler la demande intérieure et de stabiliser le secteur immobilier, bien que la voie vers une reprise nationale reste difficile face aux pressions déflationnistes persistantes.
Une reprise inégale
Le volume record de transactions à Shanghai, l'une des villes de premier rang en Chine, suggère que des mesures de soutien ciblées et un éventuel plancher des prix pourraient inciter certains acheteurs à revenir sur le marché. Cependant, le signal positif de Shanghai fait figure d'exception dans un contexte de vents contraires économiques plus larges.
Les données officielles de mai ont montré que l'indice des prix à la consommation en Chine a baissé de 0,1 % en avril, signe d'une faible demande intérieure qui pèse sur la rentabilité des entreprises et l'emploi [3]. Le porte-parole du Bureau national des statistiques, Fu Linghui, a reconnu la nécessité de promouvoir une « reprise raisonnable des prix » et a souligné l'intensification des « chocs externes ».
Alors que le gouvernement pousse pour un développement de haute qualité porté par le secteur des services, qui représente désormais plus de 57 % du PIB [2, 4], le ralentissement des secteurs de l'immobilier et de la construction reste un frein important à la croissance. La baisse de 10,3 % des investissements immobiliers jusqu'en avril souligne la profonde réticence des promoteurs à engager de nouveaux capitaux.
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