Le Sénat américain a bloqué mercredi une résolution menée par les démocrates visant à limiter l'autorité du président Donald Trump pour mener des opérations militaires contre l'Iran, le vote de 50 contre 49 soulignant les divisions persistantes sur la politique étrangère et ses implications sur les marchés. Cette initiative, qui a échoué à une seule voix près, permet au président de poursuivre l'action militaire sans l'approbation explicite du Congrès, prolongeant les risques géopolitiques qui ont contribué à la hausse des prix du pétrole et aux inquiétudes inflationnistes.
« Les deux parties sont toujours engagées dans des hostilités, et je n'accepte donc pas que le compte à rebours de 60 jours soit suspendu », a déclaré aux journalistes le sénateur Jeff Merkley de l'Oregon, parrain du projet de loi, contestant l'affirmation de l'administration selon laquelle un cessez-le-feu aurait interrompu le délai légal pour l'autorisation du Congrès.
Ce vote marque la septième fois que les républicains bloquent une telle mesure cette année. L'effort pour faire avancer le projet de loi a été soutenu par trois républicains — Rand Paul, Susan Collins et Lisa Murkowski — qui se sont joints aux démocrates. Cependant, la résolution a échoué lorsque le sénateur démocrate John Fetterman de Pennsylvanie a voté avec la majorité républicaine, devenant la voix décisive contre le texte.
L'enjeu est le pouvoir unilatéral du président de mener la guerre en vertu du War Powers Act de 1973, dont les démocrates soutiennent qu'il a expiré le 1er mai, soit 60 jours après le début du conflit. L'impasse persistante garantit que l'incertitude géopolitique reste un facteur clé pour les marchés, les démocrates jurant de forcer un vote hebdomadaire sur la résolution jusqu'à ce que la guerre soit autorisée par le Congrès ou que les hostilités cessent.
### Le War Powers Act au centre du litige
Le cœur du débat est le War Powers Act de 1973, qui exige que le président mette fin à l'action militaire dans les 60 jours à moins que le Congrès n'accorde son autorisation. Les démocrates soutiennent que ce délai est passé le 1er mai, citant le blocus américain des ports iraniens et les frappes sur les navires iraniens comme preuves d'hostilités en cours. L'administration Trump fait valoir que le délai est suspendu en raison d'un cessez-le-feu, une position que les démocrates rejettent.
Ce conflit juridique et politique laisse le marché sans calendrier clair de désescalade. L'incertitude est un facteur tangible pour les investisseurs, comme le soulignent les récents rapports sur l'inflation montrant que la flambée des prix du pétrole due à la guerre en Iran affecte les consommateurs et les producteurs américains, selon une analyse d'Investing.com.
### Le risque géopolitique pèse sur les marchés
L'incapacité du Sénat à limiter les pouvoirs de guerre a des conséquences directes pour les marchés financiers. Le conflit en cours est un moteur principal de la hausse des coûts de l'énergie, qui à son tour alimente l'inflation et complique la politique de taux d'intérêt de la Réserve fédérale. Les participants au marché ont récemment augmenté leurs probabilités de futures hausses de taux d'intérêt, une réponse à l'inflation persistante en partie tirée par la prime de risque géopolitique sur le pétrole.
Le sentiment s'étend plus largement aux actifs à risque. Le Bitcoin, par exemple, était sur le point de rompre une série de six semaines de gains alors que la combinaison de données d'inflation élevées et de tensions géopolitiques a refroidi l'appétit des investisseurs pour les actifs spéculatifs, selon Investing.com. Le vote du Sénat ne fait pas grand-chose pour apaiser ces inquiétudes, maintenant la « prime iranienne » fermement ancrée dans le prix des actifs. La dernière fois qu'un débat similaire sur les pouvoirs de guerre a atteint un vote critique en avril, les contrats à terme sur le Brent se sont échangés dans une fourchette volatile de 5 % sur la semaine.
### Le vote décisif de Fetterman souligne la complexité politique
Le vote décisif a été exprimé par le sénateur John Fetterman, qui a systématiquement rompu avec son parti sur la question de l'Iran. C'était la septième fois qu'il votait avec les républicains contre des résolutions visant à limiter les pouvoirs de guerre de Trump. Fetterman a maintenu une position de soutien indéfectible à l'action militaire, arguant qu'elle est nécessaire pour tenir l'Iran responsable en tant qu'« État leader du soutien au terrorisme ».
Sa position, bien qu'elle aliène certains démocrates, a trouvé grâce auprès des électeurs républicains de son État, selon un sondage de l'Université Quinnipiac de février. Bien que Fetterman ait déclaré qu'il ne changerait pas de parti, sa position indépendante sur cette question géopolitique clé ajoute une couche de complexité supplémentaire à toute tentative future des démocrates d'affirmer l'autorité du Congrès sur le conflit.
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