Un projet de cadre de « safe harbor » (port sûr) pour les actifs crypto, proposé par la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis, a été transmis à la Maison Blanche pour un examen final, une étape cruciale avant que le plan ne soit publié pour consultation publique. La proposition comprend trois exemptions distinctes visant à apporter une clarté réglementaire aux émetteurs d'actifs numériques.
« Nous proposerons sous peu une réglementation crypto. Elle est actuellement à l'OIRA, ce qui constitue la prochaine étape avant la publication », a déclaré lundi Paul Atkins, président de la SEC. Il a fait ces commentaires lors d'un entretien au Digital Assets and Emerging Technology Policy Summit, organisé par l'Université Vanderbilt.
La proposition, officiellement intitulée Regulation Crypto Assets, regroupe trois idées fondamentales : une exemption pour les startups de nouveaux projets, une exemption pour la levée de fonds avec une divulgation structurée, et un safe harbor pour les contrats d'investissement. Ce safe harbor, basé sur un concept introduit pour la première fois par la commissaire de la SEC Hester Peirce en 2020, offrirait un délai de grâce de trois ans pendant lequel l'équipe de développement d'un projet pourrait travailler à la décentralisation sans que son jeton ne soit classé comme une valeur mobilière (security).
Pour l'industrie crypto américaine, un safe harbor défini pourrait modifier considérablement les calculs des fondateurs, qui ont largement choisi de lancer leurs projets à l'étranger dans des juridictions comme la Suisse et Singapour. Selon la SEC, ce cadre est conçu pour donner aux startups nationales une piste de décollage définie pour construire et itérer sans la menace immédiate d'une action coercitive, ce qui pourrait inverser la fuite des capitaux et encourager l'investissement en capital-risque basé aux États-Unis. La proposition fait maintenant l'objet d'un examen de 30 à 90 jours à l'Office of Information and Regulatory Affairs (OIRA) avant d'être publiée pour recueillir les commentaires du public.
Le chemin vers la clarté
La soumission à l'OIRA marque l'étape la plus concrète vers la formalisation du concept de safe harbor depuis qu'il a été évoqué. La logique centrale est que de nombreux projets de jetons, bien que centralisés à leur création, peuvent évoluer vers des réseaux décentralisés où le jeton fonctionne comme un utilitaire plutôt que comme un contrat d'investissement selon le test de Howey.
Le président Atkins a souligné que la SEC souhaite « entendre les acteurs du marché » pour rendre la règle finale « applicable ». Cet effort réglementaire s'inscrit en parallèle d'un récent protocole d'accord signé entre la SEC et la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) afin d'harmoniser la surveillance et de moderniser les réglementations financières pour les actifs numériques. Cette initiative conjointe vise à clarifier les définitions des produits et à réduire les doublons réglementaires entre les deux agences.
Les investisseurs attendent les détails spécifiques de la proposition une fois qu'elle sera publiée au Federal Register. La durée du délai de grâce, les exigences de divulgation et les critères d'éligibilité détermineront son impact pratique. Une règle trop étroite ou trop contraignante pourrait n'offrir que peu de soulagement, tandis qu'un cadre fonctionnel pourrait apporter la clarté réglementaire la plus significative à ce jour pour le marché crypto américain.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.