Richemont, propriétaire de Cartier, a annoncé une hausse de 11 % de son chiffre d'affaires annuel à taux de change constants, atteignant 22,4 milliards d'euros. La solide performance de ses marques de joaillerie a permis de compenser la faiblesse du marché de l'horlogerie et les vents contraires géopolitiques.
« Dans un environnement géopolitique durablement volatil, le Groupe a réalisé une croissance forte et des résultats solides », a déclaré le président Johann Rupert dans un communiqué. Il a toutefois noté que « l'incertitude est susceptible de persister, notamment en ce qui concerne les développements au Moyen-Orient ».
Les ventes du groupe de luxe suisse pour les trois mois clos le 31 mars ont augmenté de 13 % à taux de change constants pour atteindre 5,40 milliards d'euros, dépassant les prévisions des analystes qui tablaient sur 5,30 milliards d'euros. Pour l'ensemble de l'exercice, le bénéfice d'exploitation est resté stable à 4,5 milliards d'euros, tandis que le bénéfice de l'exercice a bondi de 27 % à 3,5 milliards d'euros, reflétant la non-récurrence d'une dépréciation majeure l'année précédente. La position de trésorerie nette du groupe a augmenté pour atteindre 8,5 milliards d'euros.
La division Maisons de Joaillerie de la société, qui comprend Buccellati, Cartier et Van Cleef & Arpels, a été le principal moteur de croissance. L'unité a enregistré une hausse de 14 % de son chiffre d'affaires à taux constants pour atteindre 16,5 milliards d'euros sur l'année. En revanche, la division Horlogers Spécialisés a vu ses ventes progresser modestement de 1 % à taux constants pour atteindre 3,1 milliards d'euros, bien que cela inclue un retour à la croissance au cours du second semestre.
Forces et faiblesses régionales
La croissance a été géographiquement diversifiée. Les Amériques ont affiché une croissance à deux chiffres tout au long de l'année. La région Asie-Pacifique a progressé de près de 10 %, avec un bond notable de 14 % des ventes trimestrielles, porté par une forte demande à Hong Kong et en Corée du Sud. Le Japon a également enregistré une hausse robuste de 28 % au quatrième trimestre, après ajustement des fluctuations monétaires.
Toutefois, le conflit au Moyen-Orient a pesé sur les ventes régionales, qui ont chuté de 3 % au quatrième trimestre, un net renversement par rapport à la croissance de 20 % observée au trimestre précédent. Pour l'ensemble de l'année, la région Moyen-Orient & Afrique a tout de même enregistré une croissance à deux chiffres.
Perspectives et rémunération des actionnaires
Ces résultats témoignent de la résilience de Richemont par rapport à des rivaux comme LVMH et Hermès, dont les actions ont chuté respectivement de 27 % et 24 % depuis le début de l'année, alors que celles de Richemont n'ont reculé que de 9 %. Les ventes directes aux clients représentent désormais 77 % du chiffre d'affaires total du groupe.
S'appuyant sur cette solide performance et sur sa position de trésorerie, le conseil d'administration a proposé une augmentation de 10 % du dividende ordinaire à 3,30 CHF par action, ainsi qu'un dividende spécial supplémentaire de 1,00 CHF par action. Le dividende est soumis à l'approbation des actionnaires lors de l'assemblée générale annuelle de la société le 9 septembre 2026.
Les excellents résultats de la division joaillerie suggèrent une demande toujours robuste pour les produits de luxe haut de gamme, même si le secteur dans son ensemble fait face à un environnement plus difficile. Les investisseurs surveilleront la finalisation de la vente de la marque horlogère Baume & Mercier au groupe Damiani, prévue pour l'été 2026, comme un catalyseur clé à venir.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.