Une enquête pour corruption visant une filiale de Reliance Industries soulève des questions sur la gouvernance d'entreprise au sein du secteur indien des drones, en pleine expansion.
Une enquête du Bureau central d'enquête de l'Inde a placé Asteria Aerospace, la filiale de drones de Reliance Industries, au centre d'un scandale de corruption, jetant une ombre sur l'industrie naissante des drones du pays. L'enquête allègue qu'un cadre de Reliance a accepté de verser un pot-de-vin de 16 000 dollars à un responsable de l'aviation pour accélérer les approbations d'importation de trois demandes de drones, un développement qui pourrait créer des obstacles juridiques et réputationnels pour le conglomérat.
« Reliance a précédemment déclaré n'avoir ni autorisé ni été au courant de telles transactions », a affirmé l'entreprise, se distanciant des fautes présumées. L'avocat du responsable arrêté de l'organisme de surveillance de l'aviation a également contesté la détention de son client.
L'enquête a été lancée après qu'un signalement a conduit à l'arrestation de responsables du régulateur de l'aviation et de Reliance Industries plus tôt cette semaine. Le cœur de l'allégation est qu'un paiement a été conclu pour traiter les demandes d'importation de drones par Asteria Aerospace, une entreprise qui a par ailleurs été un modèle pour l'initiative de fabrication nationale de l'Inde.
Le scandale éclate à un moment sensible pour Reliance, car sa branche numérique, Reliance Jio Platforms, qui détient 74 % d'Asteria, prépare ce qui pourrait être la plus grande introduction en bourse de l'histoire de l'Inde. L'enquête menace non seulement de ternir la réputation du conglomérat du milliardaire Mukesh Ambani, mais soulève également des questions critiques sur la gouvernance et la conformité au sein du secteur technologique indien à forte croissance, qui est une priorité majeure du gouvernement du Premier ministre Narendra Modi.
Une activité en plein essor
L'industrie indienne des drones suit une trajectoire de croissance rapide depuis que le gouvernement a libéralisé sa politique en 2021, créant un marché qui comprend désormais environ 39 000 drones autorisés. Ces aéronefs sans pilote sont utilisés pour un large éventail d'applications, de la surveillance agricole à l'inspection des infrastructures.
Fondée en 2011 par Nihar Vartak et Neel Mehta, Asteria Aerospace a été acquise par Reliance en 2019 pour 2,45 millions de dollars. L'entreprise se positionne comme un fournisseur d'« intelligence exploitable à partir de données aériennes », servant des clients dans les secteurs de l'agriculture, de la construction, des télécoms et du pétrole et du gaz avec sa flotte de plus de 400 drones. Le chiffre d'affaires de l'entreprise reflète cette croissance, étant passé de 11 millions de roupies au cours de l'exercice 2020 à 400 millions de roupies (4,24 millions de dollars) au cours de l'exercice 2024.
Vents contraires réglementaires
En vertu des Drone Rules 2021, aucun système d'aéronef sans pilote ne peut être exploité en Inde sans certification appropriée du régulateur de la sécurité aérienne. Asteria a été un pionnier à cet égard, se présentant comme le premier fabricant indien à obtenir trois types différents de certifications de drones. L'un de ses drones indigènes, l'AT-15, a même été présenté lors du défilé de la 77e fête de la République de l'Inde, soulignant l'importance de l'entreprise dans l'industrie nationale. Cette affaire de corruption met toutefois en lumière les défis potentiels de conformité auxquels les entreprises sont confrontées lorsqu'elles naviguent dans le paysage réglementaire en quête d'une croissance rapide.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.