(P1) La Banque Royale du Canada prévoit de lancer un fonds de croissance allant jusqu'à 1 milliard de dollars canadiens (722 millions de dollars US), un pivot stratégique pour soutenir les entreprises nationales et réduire la dépendance du pays vis-à-vis des marchés de capitaux américains.
(P2) « Nous prévoyons d'apporter davantage de nos services de prêt, de souscription et de conseil pour aider à combler le déficit de financement du Canada et soutenir les grands projets qui construiront l'avenir du pays », a déclaré Dave McKay, président et chef de la direction de la Banque Royale, lors de la 157e assemblée annuelle des actionnaires du prêteur.
(P3) Le fonds réalisera des investissements directs en actions dans des entreprises canadiennes, une initiative qui, selon McKay, déploiera jusqu'à 1 milliard de dollars canadiens au cours des prochaines années. Cette décision intervient alors que des recherches de la banque indiquent que le Canada a besoin de 1,8 billion de dollars canadiens d'investissements en capital au cours de la prochaine décennie pour atteindre son potentiel économique, la majorité devant provenir du secteur privé. La banque elle-même a affiché un solide rendement des capitaux propres de 17,6 % au premier trimestre de la nouvelle année.
(P4) Cette initiative est une réponse directe à une stratégie économique nationale visant à protéger le Canada du protectionnisme américain et à favoriser la croissance intérieure. Pour les entrepreneurs canadiens, elle offre une nouvelle source cruciale de financement à domicile, endiguant potentiellement la vague d'entreprises qui quittent le Canada pour obtenir des capitaux étrangers en vue de leur expansion.
Le nouveau fonds représente un engagement important de la plus grande banque du Canada pour cultiver une économie nationale plus autosuffisante. McKay a souligné que de nombreux entrepreneurs canadiens se sentent obligés de chercher des capitaux étrangers pour développer leur entreprise, un processus qui les conduit souvent à quitter leur marché d'origine. En offrant un bassin substantiel de capitaux nationaux, la RBC vise à créer un écosystème plus robuste pour la croissance au Canada.
Parallèlement à l'injection directe de capitaux, la banque élargit ses services de conseil et recrute dans des domaines clés pour soutenir cette impulsion nationale. Cela comprend le développement de sa pratique dans le secteur de la défense, l'expansion des capacités de financement d'infrastructures et de projets, et l'augmentation de son attention sur le Grand Nord canadien et les partenariats autochtones. Ces secteurs sont au cœur de la stratégie du gouvernement visant à réduire la dépendance économique vis-à-vis des États-Unis.
Le gouvernement du Premier ministre Mark Carney travaille activement à réduire cette dépendance en accélérant les projets d'infrastructure nationaux, en augmentant les exportations d'énergie et en forgeant de nouveaux partenariats commerciaux, en particulier en Asie. Cette impulsion politique est une réaction aux pressions économiques et à l'incertitude créées par les tarifs et les menaces commerciales du président Trump. Le gouvernement fédéral s'est fixé pour objectif de doubler les exportations vers les marchés non américains en une décennie et simplifie les réglementations pour accélérer les grands projets dans les secteurs de l'exploitation minière, de l'énergie et autres.
McKay a décrit l'environnement actuel comme un « moment unique pour une génération pour le Canada », notant que les investisseurs mondiaux perçoivent de plus en plus le pays comme un partenaire stable et fiable dans un monde volatil. Cela a conduit à un afflux d'investissements directs étrangers, atteignant des niveaux jamais vus depuis près de deux décennies. Cependant, il a averti que le Canada ne peut se reposer sur ses avantages passés et doit réaliser des investissements délibérés à long terme pour rester compétitif alors que d'autres nations diversifient également leurs économies et cherchent à attirer des capitaux.
La Banque Royale, un acteur majeur de la finance nord-américaine, a généré environ 20,4 milliards de dollars canadiens de bénéfices au cours du dernier exercice financier avec un rendement des capitaux propres de 16,3 %. Son bénéfice sous-jacent a augmenté de 13 % d'une année sur l'autre au premier trimestre, démontrant la solidité financière qui sous-tend cette nouvelle initiative stratégique.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.