Un nombre record de défauts de crédit privé au premier trimestre tire la sonnette d'alarme, alors même que certains indicateurs suggèrent une stabilité sous-jacente du crédit aux entreprises.
Un rapport de Fitch a révélé que 24 nouveaux emprunteurs de crédit privé ont fait défaut au premier trimestre 2026, un niveau record qui souligne la montée de la pression sur ce marché de 1 700 milliards de dollars. Ces défauts surviennent malgré d'autres données montrant une certaine résilience, brossant le portrait complexe d'un marché aux prises avec les pressions macroéconomiques et les effets persistants du resserrement monétaire.
Les données de Fitch contrastent avec certaines conclusions de Kroll Bond Rating Agency (KBRA), dont le propre moniteur de défauts a montré une baisse du nombre d'entreprises à risque. Cette divergence suggère que si le pool global d'emprunteurs se stabilise, le stress aigu s'accélère et se concentre sur les entreprises les plus vulnérables, en particulier les plus grandes.
Selon le rapport du T1 2026 de KBRA, son taux Middle Market Default Monitor (KMDM) par nombre d'entreprises est tombé à 3,1 %, contre un pic récent de 3,9 % au premier trimestre 2025. Cependant, le taux de défaut en valeur monétaire a grimpé à 2,2 %, poussé par un nombre croissant de défauts parmi les plus grandes entreprises du marché intermédiaire supérieur au cours des 12 derniers mois. Pour compliquer davantage le tableau, les ratios médians de couverture des intérêts (ICR) ont légèrement augmenté pour atteindre 1,6x, signe d'une amélioration des fondamentaux au niveau du portefeuille.
Le problème de fond est que la stabilité de surface pourrait masquer des problèmes plus profonds. La pratique des prêts avec paiement en nature (PIK), qui permet aux emprunteurs de payer les intérêts avec davantage de dette plutôt qu'en espèces, devient plus fréquente. Selon une analyse récente, plus d'un tiers de tous les accords d'emprunteurs de logiciels contiennent désormais une option PIK, permettant ainsi aux entreprises de « prolonger et simuler », repoussant ainsi les véritables défauts à plus tard.
Le conte de deux marchés
Les données révèlent un marché du crédit bifurqué. D'un côté, les fondamentaux de l'emprunteur médian du marché intermédiaire sont restés solides, avec des confirmations de notations de crédit atteignant 77 % au premier trimestre, le niveau le plus élevé depuis que KBRA suit cet indicateur. Le ratio revalorisations/dégradations s'est également amélioré à 0,6x, son meilleur niveau depuis le deuxième trimestre 2024.
D'un autre côté, le nombre d'entreprises subissant des dégradations multi-niveaux dans les catégories les plus à risque a également atteint un record. Cela indique que pour une cohorte d'émetteurs déjà fragiles et fortement endettés, la convergence des chocs macroéconomiques et des pressions structurelles érode rapidement la liquidité, conduisant les sponsors à retirer leur soutien. Alors que la qualité globale du crédit s'améliore à la médiane, la migration négative du crédit persiste pour les emprunteurs les plus faibles.
Échéances imminentes et malheurs de l'immobilier
Cette dynamique se déroule dans un contexte de stress important dans le secteur de l'immobilier commercial (CRE), un moteur majeur de l'activité de crédit privé. On estime que 875 milliards de dollars de dettes CRE arriveront à échéance en 2026, forçant de nombreux emprunteurs à se refinancer dans un environnement de taux beaucoup plus élevés.
Les résultats récents des sociétés d'investissement immobilier (REIT) soulignent la performance inégale du secteur. Kimco Realty (NYSE : KIM), qui se concentre sur les centres commerciaux ancrés par des épiceries, a fait état de solides écarts de loyers mixtes de 11,3 % et d'une occupation élevée de 96,3 %. En revanche, American Assets Trust (NYSE : AAT) a vu son NOI net de trésorerie à périmètre constant rester stable et a signalé une baisse de 2,0 % des loyers sur une base de trésorerie pour les nouveaux baux commerciaux, tandis que l'occupation de son portefeuille de bureaux s'établissait à 84,5 %, reflétant la faiblesse persistante du marché des bureaux. Cette pression dans l'espace CRE devrait être un facteur important pour les prêteurs privés tout au long de l'année.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.