Le Premier ministre polonais a accusé la plateforme crypto Zondacrypto d'utiliser des fonds liés à la Russie pour influencer la classe politique, aggravant la crise de l'entreprise qui ne peut plus accéder à un portefeuille de 4 500 BTC.
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Le Premier ministre polonais a accusé la plateforme crypto Zondacrypto d'utiliser des fonds liés à la Russie pour influencer la classe politique, aggravant la crise de l'entreprise qui ne peut plus accéder à un portefeuille de 4 500 BTC.

(P1) Le gouvernement polonais a accusé la plateforme locale de cryptomonnaies Zondacrypto d'utiliser de l'argent lié à la Russie pour financer des politiciens ayant bloqué de nouvelles réglementations de marché, une déclaration faite par le Premier ministre Donald Tusk au lendemain de l'aveu par l'entreprise de son incapacité à accéder à un portefeuille détenant 4 500 bitcoins.
(P2) "La source du succès financier de cette entreprise n'est pas seulement l'argent russe lié à ce qu'on appelle la Bratva, l'un des groupes mafieux les plus importants de Russie, mais aussi aux services secrets russes", a déclaré Tusk vendredi lors d'un discours devant le parlement polonais.
(P3) Ces accusations font suite au veto du président Karol Nawrocki sur deux projets de loi distincts de régulation des crypto-actifs, que le gouvernement juge nécessaires pour se conformer aux règles de l'Union européenne. Tusk a allégué que Zondacrypto avait parrainé des politiciens de l'ancien parti au pouvoir, Droit et Justice, ainsi que du parti d'extrême droite Confédération, qui ont en retour bloqué la législation. Le parlement n'a finalement pas réussi à rassembler les voix nécessaires pour passer outre le veto de Nawrocki.
(P4) Cette tempête politique aggrave les problèmes existants de Zondacrypto, qui incluent le gel des retraits de clients et une révélation stupéfiante du PDG Przemysław Kral : la plateforme a perdu l'accès à un portefeuille contenant 4 500 BTC, d'une valeur d'environ 330 millions de dollars, car l'ancien PDG Sylwester Suszek, disparu depuis quatre ans, n'a jamais remis les clés privées.
La controverse met en lumière l'intersection complexe et souvent obscure entre les cryptomonnaies et l'influence politique. Le gouvernement de Tusk présente le blocage législatif comme une question de sécurité nationale, liant directement une entreprise nationale aux intérêts russes. Le Premier ministre a spécifiquement noté que Zondacrypto était un sponsor stratégique d'un événement de la Conservative Political Action Conference (CPAC) en Pologne en mars 2025.
Lors de cette conférence, l'éminente républicaine américaine Kristi Noem, alors secrétaire à la sécurité intérieure des États-Unis, a soutenu Nawrocki pour la présidence polonaise, qualifiant son opposant libéral de "désastre absolu". Cette connexion suggère un effort coordonné pour influencer la politique polonaise, prétendument financé par Zondacrypto.
Anciennement connue sous le nom de BitBay, la plateforme a un passif de problèmes réglementaires et opérationnels. En 2019, l'Autorité polonaise de surveillance financière (KNF) a placé BitBay sur sa liste d'alerte publique. L'entreprise a également fait l'objet d'un examen minutieux concernant ses actionnaires, les médias polonais ayant identifié un criminel condamné parmi eux.
Le PDG Przemysław Kral a publiquement nié tout détournement de fonds clients, affirmant que la plateforme reste solvable malgré le portefeuille inaccessible de 4 500 BTC. Il a attribué les retards de retrait à une vague de demandes et à la mise en œuvre de nouveaux systèmes de sécurité. Cependant, une analyse de la société d'intelligence blockchain Recoveris, citée dans les médias locaux, a révélé que les soldes de bitcoins dans les portefeuilles chauds connus de Zonda ont chuté d'environ 99 % depuis la mi-2024, alimentant les craintes d'une crise de liquidité. L'entreprise fait également l'objet d'une enquête en cours par l'agence polonaise de protection des consommateurs pour "violation des intérêts collectifs des consommateurs".
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.