L'évaluation du Pentagone selon laquelle le déminage du détroit d'Ormuz pourrait prendre au moins six mois envoie des ondes de choc sur les marchés mondiaux de l'énergie, suggérant que les 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole qui transitaient auparavant par cette voie d'eau seront confrontés à une perturbation continue.
"Le déminage du détroit d'Ormuz, stratégiquement vital, pourrait prendre jusqu'à six mois", selon des évaluations partagées par le Pentagone avec les législateurs américains lors d'un briefing à huis clos, a rapporté le Washington Post.
L'avertissement a déjà poussé les prix mondiaux du brut à la hausse et se reflète dans les marchés de prédiction, où les chances que le blocus américain soit levé d'ici la fin mai ne sont que de 28 %. Cette voie d'eau, point de passage pour un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole avant le conflit, contient désormais plus de 20 mines déployées, dont certaines sont guidées par GPS et difficiles à suivre, selon des responsables de la défense.
Le calendrier étendu pour sécuriser le détroit soulève la perspective de prix du pétrole et de l'essence persistants élevés tout au long des élections de mi-mandat aux États-Unis, créant un vent contraire important pour l'économie mondiale. Pour les marchés, cela signale une période de volatilité accrue et de pression inflationniste soutenue qui pourrait forcer les banques centrales à adopter une position plus belliciste (hawkish).
L'évaluation brutale du Pentagone souligne le défi militaire et logistique complexe que représente le rétablissement d'un passage sûr par l'un des points de passage les plus critiques au monde. Les analystes militaires suggèrent que toute opération de déminage serait un processus long impliquant une combinaison de drones, d'hélicoptères et d'unités navales spécialisées, compliqué par les eaux peu profondes et les voies de navigation étroites du détroit.
La situation est exacerbée par l'instabilité politique en Iran. Suite au décès de l'ancien guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, son successeur, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, n'a pas encore consolidé son pouvoir, laissant un vide partiellement comblé par le corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), une ligne dure. Le CGRI, qui a récemment diffusé une vidéo de ses forces saisissant deux navires dans le détroit, reste un acteur volatil dans la région.
Retombées économiques et réaction du marché
Les conséquences économiques se font déjà sentir. Aux États-Unis, les prix du carburant ont bondi, reflétant les inquiétudes du marché quant à une interruption prolongée. Le calendrier de six mois présenté par le Pentagone suggère que ces prix élevés pourraient persister, impactant les consommateurs comme les entreprises.
L'impact de la perturbation ne se limite pas au marché pétrolier. L'incertitude crée un sentiment d'aversion au risque, les investisseurs surveillant de près tout signe d'escalade ou de résolution. Les marchés de prédiction, comme celui qui suit le blocus américain, font preuve d'un scepticisme profond quant à un retour rapide à la normale. Le volume quotidien du marché de 27 582 $ indique une activité de trading modérée, mais le carnet d'ordres épais suggère qu'il faudrait un capital important pour modifier les probabilités, reflétant des opinions ancrées sur la nature à long terme de la crise.
Le président Trump a averti l'Iran de conséquences graves si les mines ne sont pas retirées et a ordonné à l'US Navy d'agir contre tout bateau tentant de poser d'autres mines. Cependant, avec une direction iranienne en pleine mutation, on ne sait toujours pas qui pourrait désamorcer la situation, prolongeant l'incertitude pour l'économie mondiale.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.