La banque centrale chinoise a fixé le taux de référence du yuan à son niveau le plus faible depuis plus d'une semaine, s'écartant nettement des estimations du marché.
La banque centrale chinoise a fixé le taux de référence du yuan à son niveau le plus faible depuis plus d'une semaine, s'écartant nettement des estimations du marché.

La Banque populaire de Chine a fixé lundi le taux de référence du yuan à 6,8150 pour un dollar, soit 417 pips de plus que l'estimation de Reuters de 6,7733 et au-dessus du fixing précédent de 6,8130, une décision qui témoigne d'une tolérance à une dépréciation progressive alors que le dollar reste ferme face aux grandes devises.
Ce fixing intervient alors que la PBOC a maintenu son taux préférentiel de référence à un an à 3,0 % pour un 13e mois consécutif, selon un communiqué de la banque centrale. Le mécanisme de fixation quotidien reste le principal outil de pilotage de la politique monétaire, le yuan étant autorisé à fluctuer dans une bande de 2 % de part et d'autre du taux de référence. En fixant le taux nettement au-dessus de l'estimation de Reuters, la PBOC a effectivement élargi la marge de fluctuation du yuan du côté faible.
L'écart entre le fixing de la PBOC et l'estimation de Reuters suggère que les décideurs sont disposés à laisser le yuan s'affaiblir progressivement plutôt que de défendre un niveau spécifique. Cela marque un changement par rapport au début de l'année 2026, lorsque la banque centrale fixait systématiquement le taux près ou en dessous des estimations du marché pour soutenir la monnaie. Ce changement d'approche reflète le double mandat de la PBOC : maintenir la stabilité du taux de change tout en soutenant la croissance économique par la compétitivité des exportations.
Ce fixing plus faible intervient également dans un contexte d'escalade des tensions commerciales. Le ministère chinois des Finances a annoncé qu'il imposerait des restrictions d'approvisionnement à 46 entreprises américaines, en représailles à l'augmentation des droits de douane américains sur les produits chinois, selon un communiqué ministériel. Un yuan plus faible compense partiellement l'impact des droits de douane américains en rendant les exportations chinoises moins chères, mais il augmente également le coût des matières premières importées pour les fabricants nationaux, comprimant les marges bénéficiaires des entreprises qui dépendent d'intrants importés.
Pour les investisseurs internationaux, l'orientation politique de la PBOC a des implications sur l'ensemble des classes d'actifs. Un yuan qui s'affaiblit progressivement réduit l'attrait des actions chinoises pour les investisseurs étrangers préoccupés par les pertes de change, tout en profitant aux exportateurs des secteurs tels que l'électronique et le textile. Le yuan plus faible exerce également une pression sur les autres devises asiatiques, les banques centrales régionales étant confrontées au choix entre laisser leur propre monnaie s'affaiblir ou perdre en compétitivité à l'exportation face à la Chine. La prochaine grande décision politique de la PBOC concernera le taux de prêt à moyen terme de juillet, les marchés guettant d'éventuels signaux d'assouplissement alors que l'économie montre des signes de ralentissement.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.