La Banque populaire de Chine a signalé une augmentation des risques liés à l'inflation importée dans son rapport trimestriel lundi, un virage hawkish qui pourrait tempérer les attentes de nouvel assouplissement monétaire et impacter son réseau de lignes de swap de devises.
« La PBOC est sur la corde raide entre le soutien à la croissance et la prévention d'un affaiblissement trop rapide du yuan, ce qui importerait de l'inflation », a déclaré Wei Li, stratège macro chez China Asset Management à Pékin. « Cette déclaration place la barre plus haut pour toute baisse de taux à court terme. »
La déclaration du rapport sur la politique monétaire du premier trimestre de la banque centrale intervient alors que le yuan offshore (CNH) s'est déprécié de près de 2 % par rapport au dollar en 2026. Alors que les rendements des obligations d'État chinoises à 10 ans sont restés ancrés près de 2,3 %, la PBOC a maintenu son principal taux directeur à un an stable à 2,50 % depuis une baisse de 10 points de base en février.
Vigilance de la banque centrale sur l'inflation pourrait avoir des répercussions mondiales, en particulier pour les plus de 40 pays qui ont des accords bilatéraux de swap de devises avec la Chine. Ces lignes, qui ont connu leur utilisation la plus importante en deux ans, sont un outil clé dans les efforts de Pékin pour promouvoir le yuan, mais une PBOC hawkish pourrait rendre l'accès à cette liquidité plus coûteux.
Un réseau mondial de liquidité en yuans
La Chine a activement étendu son réseau de swaps de devises depuis 2009, créant un cadre avec plus de 40 pays pour promouvoir l'utilisation du renminbi dans le commerce et l'investissement. Ces accords permettent aux banques centrales partenaires d'emprunter des yuans, offrant un filet de sécurité pour la liquidité et contournant le système financier mondial dominé par le dollar. L'augmentation récente de l'utilisation de ces lignes de swap, telle que rapportée par MSN, montre une dépendance croissante à l'égard du yuan pour les transactions internationales, du moins parmi les partenaires de la Chine.
Cependant, le nouvel accent mis par la PBOC sur « l'inflation importée » introduit une nouvelle variable. Un yuan plus faible rend les importations plus chères pour la Chine, et le commentaire de la banque centrale signale qu'elle pourrait être moins disposée à tolérer la dépréciation de la monnaie. Cela pourrait signifier une approche plus prudente de l'assouplissement monétaire, même si l'économie nationale fait toujours face à des vents contraires. Pour les pays dépendant des lignes de swap, un yuan plus stable mais moins accommodant pourrait représenter un défi.
La fracture dollar-renminbi
La déclaration de la PBOC n'existe pas dans un vide. Elle intervient au cours d'une semaine où les dirigeants américains et chinois devraient se rencontrer, et alors que Washington discute activement de l'utilisation de ses propres lignes de swap de devises pour maintenir la domination du dollar, selon un rapport du New York Times. Le Trésor américain est en pourparlers avec des alliés en Asie et dans le Golfe pour offrir de la liquidité en dollars, une initiative visant directement à contrer l'influence financière croissante de la Chine.
Les analystes notent que la position du dollar en tant que principale monnaie de réserve mondiale n'est pas sous menace immédiate. Le billet vert constitue toujours la majorité des avoirs en devises étrangères dans les banques centrales du monde entier. Pourtant, la formulation prudente de la PBOC dans son rapport, couplée à l'utilisation stratégique des lignes de swap par les deux nations, souligne une concurrence intensifiée sur l'avenir de la finance internationale. L'inquiétude de la PBOC concernant l'inflation n'est pas seulement un problème domestique ; c'est un signal au monde que le chemin vers l'internationalisation du yuan sera équilibré par la propre stabilité économique de la Chine.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.