(Bloomberg) -- Oracle Corp. fait face à une surveillance accrue de la part des marchés du crédit, sa dette totale ayant grimpé à 149 milliards de dollars, portant le coût de l'assurance contre le défaut de paiement à son plus haut niveau depuis 2008.
L'envolée des swaps de défaut de crédit (CDS) d'Oracle signale une inquiétude croissante des investisseurs obligataires quant à la santé financière de l'entreprise, un point de vue qui contraste fortement avec l'optimisme des analystes actions. « La divergence entre le sentiment du crédit et celui des actions est frappante », a déclaré un stratège du crédit dans une grande banque. « Alors que les analystes boursiers se concentrent sur l'histoire de la croissance du cloud, le marché obligataire intègre un risque important de stress financier. »
Le géant du logiciel a vu sa dette gonfler ces dernières années pour financer une série d'acquisitions, notamment le rachat de Cerner pour 28 milliards de dollars. Bien que ces transactions aient été destinées à accélérer la poussée d'Oracle dans les secteurs du cloud et de la santé, elles ont également augmenté de manière spectaculaire son levier financier. La dette totale s'élève désormais à 149 milliards de dollars, un chiffre qui a plus que doublé depuis 2018.
Cette pile de dettes croissante n'est pas passée inaperçue auprès des investisseurs du crédit. Le prix des CDS à cinq ans sur la dette d'Oracle a grimpé à des niveaux jamais vus depuis la crise financière mondiale, indiquant une augmentation perçue de la probabilité de défaut. Ce point de vue baissier du marché du crédit contraste avec celui des 28 analystes de Wall Street sur 35 qui recommandent l'action à « l'achat » ou à « l'achat fort », avec un objectif de cours médian impliquant un potentiel de hausse de 60 % par rapport à son niveau actuel.
Ce décalage met en lumière un débat classique du marché : le potentiel de croissance future l'emporte-t-il sur les risques d'un bilan fortement endetté ? Pour l'instant, les investisseurs en actions semblent se ranger du côté du récit de la croissance, tandis que les investisseurs en crédit font preuve de prudence.
La hausse du coût de l'assurance crédit pourrait finir par affecter la capacité d'Oracle à emprunter et à refinancer sa dette massive, obligeant potentiellement l'entreprise à ralentir sa stratégie d'acquisition ou à détourner ses flux de trésorerie vers le remboursement de la dette. Les investisseurs surveilleront de près le prochain rapport sur les résultats de la société pour tout commentaire sur ses niveaux d'endettement et ses plans d'allocation de capital.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.