Les cours mondiaux du pétrole ont bondi de plus de 3 % en début de semaine, alors que les efforts diplomatiques pour obtenir un cessez-le-feu permanent entre les États-Unis et l'Iran ont abouti à une impasse, faisant craindre une interruption prolongée des approvisionnements énergétiques mondiaux.
« Les prix du pétrole ont été volatils et peuvent encore grimper si les négociations entre les États-Unis et l'Iran restent épineuses », déclare Anthony Yuen, responsable de la stratégie énergétique chez Citi Research, dans un rapport de recherche.
Les contrats à terme sur le pétrole brut Brent pour le mois le plus proche étaient en hausse de 3,2 % à 104,50 $ le baril lors des premiers échanges en Asie, tandis que les contrats à terme sur le brut West Texas Intermediate ont progressé de 3,1 % à 98,37 $ le baril. Cette flambée fait suite à un message publié dimanche sur les réseaux sociaux par l'ancien président Donald Trump, qui a qualifié la réponse officielle de l'Iran à une proposition américaine de « totalement inacceptable » car elle manquait d'engagements sur le démantèlement de son programme nucléaire.
L'échec des pourparlers accroît les risques dans une région déjà sous tension. Un cessez-le-feu fragile a été mis à l'épreuve par une série d'attaques de drones dans le Golfe. Le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a déclaré avoir abattu deux drones lancés depuis l'Iran, tandis que le Koweït a également signalé et répondu à des drones hostiles dans son espace aérien. Par ailleurs, un drone a déclenché un petit incendie sur un navire au large du Qatar, un incident que le ministère qatari des Affaires étrangères a qualifié d'« escalade dangereuse et inacceptable ». Ces événements menacent de rompre la trêve entamée le 8 avril et d'aggraver un conflit qui a déjà vu l'Iran bloquer le détroit d'Ormuz, une artère critique pour le flux mondial de pétrole et de gaz.
Le principal point de friction reste les ambitions nucléaires de l'Iran. L'agence nucléaire des Nations Unies rapporte que l'Iran possède désormais plus de 440 kilogrammes d'uranium enrichi à 60 % de pureté, à une courte étape technique des 90 % nécessaires pour une arme. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que la guerre ne serait pas finie tant que l'uranium enrichi ne serait pas retiré d'Iran.
Alors que Washington pousse pour un accord incluant la réouverture du détroit et le démantèlement du programme nucléaire, Téhéran a cherché à concentrer les négociations sur la fin de la guerre sur tous les fronts. Les États-Unis ont maintenu un blocus sur les ports iraniens, frappant vendredi deux pétroliers qu'ils accusaient de tenter de forcer le cordon. En réponse, les Gardiens de la révolution iraniens ont averti que toute attaque contre leurs navires ferait l'objet d'un « assaut massif » contre les bases ou les navires américains dans la région.
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