Les prix du pétrole ont chuté brusquement mardi après que le Pentagone a minimisé la gravité des dernières frappes de missiles de l'Iran dans le détroit d'Ormuz, le Brent terminant en baisse de 4 % à 109,87 dollars le baril. Ce mouvement à la baisse est intervenu alors que le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé que l'Iran n'avait pas violé leur fragile accord de cessez-le-feu, alors même que les États-Unis lançaient le « Project Freedom » pour escorter les navires commerciaux à travers cette voie navigable vitale.
« Le cessez-le-feu avec l'Iran n'est pas terminé », a déclaré Hegseth, décrivant les actions iraniennes comme « plutôt des tirs de harcèlement de faible intensité pour le moment ».
La désescalade rhétorique a fait chuter les contrats à terme sur le West Texas Intermediate (WTI) de 3,9 % à 102,27 dollars le baril. Cette baisse fait suite à une séance volatile où les prix avaient grimpé de plus de 5 % plus tôt suite aux nouvelles de l'escalade du conflit. L'armée américaine a déclaré avoir détruit six petits bateaux iraniens, tandis que l'Iran affirmait avoir tiré sur un navire de guerre américain. Plusieurs navires commerciaux, dont un battant pavillon sud-coréen, ont signalé des explosions ou des incendies.
La volatilité du marché souligne les enjeux immenses liés au détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique pour un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole. Bien que les commentaires du Pentagone aient calmé le rallye immédiat, le risque sous-jacent d'un conflit généralisé qui pourrait perturber les approvisionnements énergétiques mondiaux pendant des mois subsiste, toute nouvelle escalade étant susceptible de propulser les prix bien au-delà de leurs récents sommets. Le succès ou l'échec du « Project Freedom » de l'US Navy sera un déterminant clé de la stabilité du marché dans les semaines à venir.
Le calme relatif du marché mardi masquait une journée d'échanges militaires significatifs. Le Commandement central de l'armée américaine a rapporté que ses forces avaient repoussé des attaques de drones, de missiles et de petits bateaux armés iraniens tout en facilitant le passage de deux navires battant pavillon américain. Maersk a confirmé que son transporteur de véhicules Alliance Fairfax était l'un des navires ayant transité par le détroit sous escorte militaire américaine.
L'Iran a toutefois contesté la version américaine, la télévision d'État rapportant que deux petits cargos civils avaient été touchés, tuant cinq civils. Téhéran a également lancé des attaques de drones et de missiles contre les Émirats arabes unis, des incendies ayant été signalés dans une installation pétrolière à Fujairah. Les EAU, un allié clé des États-Unis, ont condamné les frappes comme une grave escalade.
Le regain de tension menace de faire dérailler un cessez-le-feu fragile qui tenait depuis début avril. Des efforts diplomatiques sont en cours, le Pakistan assurant la médiation des pourparlers entre Washington et Téhéran. L'Iran examine actuellement une réponse américaine à une proposition en 14 points, bien que le président Trump ait publiquement exprimé son scepticisme quant à la probabilité d'un accord. La proposition suggérerait de différer les discussions sur le programme nucléaire iranien jusqu'à ce que les tensions maritimes soient résolues.
La fermeture continue du détroit a déjà eu un impact significatif sur l'économie mondiale. Goldman Sachs estime que la production de brut dans le golfe Persique a été réduite d'environ 14,5 millions de barils par jour, entraînant un prélèvement de près de 500 millions de barils sur les stocks mondiaux. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) avait précédemment déclaré qu'environ 13 millions de barils par jour de l'approvisionnement mondial en pétrole avaient été mis à l'arrêt par le conflit.
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