Les prix mondiaux du pétrole ont poursuivi leur ascension vendredi, poussés par les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient et le blocus continu du détroit d'Ormuz. L'impasse, qui en est à sa huitième semaine, a interrompu près de 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole, provoquant des avertissements de pénuries énergétiques importantes et alimentant la volatilité sur les marchés de l'énergie.
« Le blocus du détroit d'Ormuz a interrompu la plupart des exportations de pétrole iranien, contribuant à une augmentation potentielle de 25 % des probabilités de hausse des prix du pétrole brut », note un rapport de marché de Polymarket. Le président français Emmanuel Macron a réitéré samedi qu'il se concentrait sur les efforts visant à rouvrir cette voie maritime vitale, au lendemain de l'avertissement du patron de TotalEnergies sur des pénuries énergétiques mondiales si le conflit avec l'Iran se poursuit pendant des mois.
Les contrats à terme sur le Brent ont grimpé de 1,1 % à 106,27 $ le baril, tandis que le brut West Texas Intermediate (WTI) a augmenté de 1 % à 96,83 $ le baril. Les deux indices de référence sont en voie de réaliser des gains hebdomadaires de 15 % à 18 %. Le prix du brut américain avait précédemment connu une hausse de 6,4 % à 87,88 $ le baril. Le brut se négociait à environ 70 $ le baril avant le début du conflit le 28 février.
La crise entraîne d'importantes retombées économiques, en particulier pour les nations d'Asie et d'Europe qui dépendent fortement du pétrole du Moyen-Orient. Aux États-Unis, les prix de l'essence ont atteint en moyenne près de 4,05 $ le gallon, une forte augmentation par rapport à la moyenne d'avant-guerre de 2,98 $. La poursuite du conflit influence également les attentes en matière de politique monétaire, la probabilité d'une baisse des taux de la Réserve fédérale américaine diminuant à mesure que les prix élevés du pétrole alimentent les inquiétudes inflationnistes.
Les efforts diplomatiques au point mort
Les tensions restent vives alors que les solutions diplomatiques échouent. L'Iran a exigé la levée du blocus naval américain comme condition préalable à la réouverture du détroit, une demande que Washington a rejetée. Les récents rapports faisant état de saisies de navires par l'Iran et de contre-mesures américaines n'ont fait qu'intensifier les craintes de nouvelles perturbations de la chaîne d'approvisionnement. Le principal négociateur iranien lors des pourparlers médiatisés par le Pakistan a également démissionné, compliquant les efforts diplomatiques.
Même si une résolution est trouvée pour rouvrir le détroit d'Ormuz, les analystes du secteur préviennent qu'un retour à des niveaux normaux d'expédition de pétrole pourrait prendre des mois. Des facteurs tels que l'accumulation du trafic de pétroliers, les infrastructures endommagées et la réticence des armateurs à risquer une nouvelle escalade soudaine pourraient entraver une reprise rapide. Pour l'instant, le marché reste sur le qui-vive, les prix du pétrole étant susceptibles de rester volatils alors que les traders guettent tout signe de désescalade ou de poursuite du conflit.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.