Une directive de la Maison Blanche visant à placer des réacteurs nucléaires sur la Lune d'ici 2030 déclenche un rallye des actions spécialisées dans l'énergie atomique, créant une nouvelle frontière pour l'industrie.
Les actions des entreprises de technologie nucléaire avancée ont bondi mardi après que la Maison Blanche a publié des directives fédérales pour le déploiement de réacteurs atomiques dans l'espace. La directive, qui fait suite à un décret de décembre 2025 du président Donald Trump, impose l'établissement de partenariats rentables avec des entreprises privées pour placer un réacteur sur la Lune d'ici 2030, avec un déploiement orbital prévu dès 2028.
Les directives, détaillées dans un communiqué public, appellent à une approche pangouvernementale pour permettre l'innovation du secteur privé avec « de multiples participants ». La NASA et le département de la Défense sont chargés d'organiser des concours de conception, la NASA devant lancer un programme de développement de réacteurs de propulsion et de surface lunaire dans les 30 jours.
La nouvelle a fait grimper les actions d'Oklo (OKLO), un développeur de petits réacteurs modulaires (SMR), de 8,6 % pour clôturer à 58,56 $. Les autres actions axées sur les SMR ont également bondi, NuScale Power (SMR) augmentant de 7 % et Nano Nuclear Energy (NNE) gagnant 7,5 %. BWX Technologies (BWXT), un fournisseur établi de technologie nucléaire pour l'armée américaine et la NASA, a vu son action progresser de 2,4 % à 238,55 $.
Cette directive politique crée effectivement un nouveau marché soutenu par le gouvernement pour les entreprises nucléaires avancées, réduisant potentiellement les risques pour l'investissement privé. La Maison Blanche ordonne au département de l'Énergie d'évaluer la capacité de la base industrielle américaine à produire « jusqu'à quatre réacteurs spatiaux en cinq ans ». Cette évaluation de 60 jours identifiera et recommandera des solutions pour toute lacune dans la chaîne d'approvisionnement, de la conception des réacteurs à la production de combustible.
SMR et réacteurs avancés à l'honneur
Les principaux bénéficiaires de la directive sont les entreprises axées sur les conceptions nucléaires de nouvelle génération, en particulier les SMR. Contrairement aux réacteurs conventionnels à l'échelle du gigawatt, les SMR sont plus petits (généralement moins de 300 MWe), conçus pour une fabrication en usine et peuvent être déployés dans des endroits reculés — ce qui les rend théoriquement idéaux pour les applications spatiales et lunaires. Oklo, NuScale Power et Nano Nuclear Energy sont toutes centrées sur le développement et la commercialisation de telles technologies.
BWX Technologies est déjà positionné comme un acteur clé, avec des contrats existants pour fournir des composants nucléaires à la NASA. Les nouvelles directives, qui mettent l'accent sur la concurrence, pourraient ouvrir la porte à de nouveaux entrants pour obtenir des contrats gouvernementaux dans ce secteur nucléaire spatial naissant.
Alimenter l'ambition lunaire
Un élément critique du plan est l'approvisionnement en combustible. Les directives ordonnent au département de l'Énergie de fournir de l'uranium pour le combustible des réacteurs là où « les sources commerciales sont insuffisantes ou indisponibles ». Cela fait probablement référence à l'uranium faiblement enrichi à teneur élevée (HALEU), un type de combustible enrichi entre 5 % et 20 % requis par de nombreux modèles de réacteurs avancés mais qui n'est pas encore largement disponible commercialement.
Cette disposition pourrait profiter aux enrichisseurs d'uranium comme Centrus Energy, qui a pris 0,6 % à l'annonce de la nouvelle. La chaîne d'approvisionnement plus large, y compris les mineurs d'uranium, pourrait également en bénéficier. Cameco, qui a baissé de 0,6 % sur la journée, est exposé au marché des réacteurs via sa participation de 49 % dans Westinghouse, un constructeur majeur qui développe également sa propre technologie SMR. L'accent mis par le gouvernement sur la construction d'une chaîne d'approvisionnement domestique robuste pourrait constituer un vent arrière significatif à long terme pour l'ensemble du secteur nucléaire.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.