Le dollar néo-zélandais a bondi au-delà de 0,5900 face à son homologue américain, porté par un rapport sur l'inflation domestique étonnamment solide qui a poussé les traders à parier sur de nouvelles hausses de taux d'intérêt de la part de la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ). Ce mouvement marque un contraste net avec la Réserve fédérale américaine, qui devrait largement maintenir ses taux inchangés cette semaine.
« La configuration technique favorise de nouveaux gains. Une clôture au-dessus de 0,5930 confirmerait la cassure haussière », a déclaré un stratège senior d'une grande banque d'investissement, selon MEXC News.
Les données sur l'inflation ont radicalement modifié les attentes en matière de taux, les marchés évaluant désormais à environ 60 % la probabilité d'une hausse des taux de la RBNZ lors de sa réunion de mai, contre moins de 30 % avant le rapport, selon FXStreet. Une hausse des taux pour la réunion de juillet est désormais considérée comme une certitude. La banque centrale avait précédemment averti qu'elle agirait de manière décisive si l'inflation s'accélérait, alors que la hausse des coûts de l'énergie due au blocus du détroit d'Ormuz devrait ajouter une pression supplémentaire au deuxième trimestre.
Les perspectives bellicistes pour la RBNZ divergent fortement de celles des États-Unis, où le Comité fédéral d'open market (FOMC) devrait maintenir le taux des fonds fédéraux dans sa fourchette de 3,50 % à 3,75 % mercredi. Des données économiques américaines plus faibles et un taux d'inflation global de 3,3 % incitent les traders à anticiper une pause dans le cycle de resserrement de la Fed. L'indice du dollar américain (DXY) a reculé par rapport à ses récents sommets en réaction, offrant un vent favorable aux devises comme le Kiwi.
L'analyse technique et les différentiels de taux favorisent les haussiers du Kiwi
D'un point de vue technique, le NZD/USD présente une structure haussière. La paire a franchi sa moyenne mobile à 200 jours, et l'indice de force relative (RSI) affiche un solide 62, indiquant une pression acheteuse soutenue sans être surachetée. Une cassure durable au-dessus de la zone de résistance de 0,5930, un ancien niveau de soutien, pourrait ouvrir la voie vers la marque psychologique de 0,6000. Le support clé est désormais identifié au niveau de 0,5850.
Le différentiel de taux d'intérêt est le principal moteur. Alors que la RBNZ fait face à une pression à la hausse, la Fed navigue dans un environnement complexe pour ce qui sera la dernière réunion du président Jerome Powell avant l'expiration de son mandat le 15 mai. Le calendrier économique américain est chargé, avec la lecture préliminaire du PIB du premier trimestre jeudi (consensus 2,2 %) et l'indice des dépenses de consommation personnelle (PCE) de base (prévision 3,2 % en glissement annuel) qui devraient donner une direction critique au dollar américain.
Pour compléter le tableau mondial, les perspectives de la Chine, principal partenaire commercial de la Nouvelle-Zélande, restent un facteur clé. BNY Mellon a noté dans un récent commentaire qu'il prévoit un ralentissement de la croissance du PIB chinois à seulement 4,0 % en 2026, ce qui pourrait constituer un frein pour l'économie néo-zélandaise plus tard dans l'année. Pour l'heure, toutefois, l'inflation nationale et les trajectoires divergentes des banques centrales mènent la danse.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.