Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a obtenu un report temporaire de son procès pour corruption, invoquant la situation sécuritaire du pays, une mesure que les critiques considèrent comme une tactique visant à lier son sort judiciaire au conflit régional en cours.
Un tribunal israélien a accordé au Premier ministre Benjamin Netanyahu un report d'au moins deux semaines pour son témoignage dans son procès pour corruption en cours, acceptant son argument d'instabilité « sécuritaire et politique » suite au récent conflit direct avec l'Iran et aux hostilités continues avec le Hezbollah.
« La guerre contre le Liban se poursuit », a déclaré le bureau de Netanyahu le 12 avril, affirmant qu'un cessez-le-feu temporaire avec l'Iran ne s'applique pas à ses mandataires et que les opérations militaires ne sont pas terminées.
Le report intervient après que l'Israël et l'Iran se sont livrés à des échanges militaires directs, faisant grimper brièvement les contrats à terme sur le Brent de 1,5 % et affaiblissant le shekel israélien de 0,8 % par rapport au dollar. La décision du tribunal de district de Jérusalem repousse le témoignage au moment même où il devait reprendre après la levée de l'état d'urgence, déclaré le 13 mars.
Le report entremêle les batailles juridiques personnelles de Netanyahu avec les décisions de sécurité nationale d'Israël, soulevant des questions parmi les alliés et les adversaires sur les motivations derrière la posture militaire du pays. Les observateurs surveillent maintenant si le délai de deux semaines sera prolongé, liant potentiellement le calendrier du procès directement à la durée des opérations militaires dans la région.
Le procès fait face à de multiples reports en plein conflit
Netanyahu est accusé de corruption, de fraude et d'abus de confiance dans une affaire qui dure depuis des années. Une condamnation pour corruption pourrait entraîner une peine allant jusqu'à 10 ans de prison, tandis que la fraude et l'abus de confiance sont passibles d'un maximum de trois ans. Le Premier ministre a cherché à plusieurs reprises à retarder la procédure, invoquant des raisons allant de visites d'État à des problèmes de santé, et a même demandé une grâce présidentielle l'année dernière, qui a été rejetée.
L'acceptation par l'accusation de ce dernier report, invoquant une compréhension de la situation sécuritaire, a suscité les critiques de ses opposants qui y voient une manœuvre politiquement motivée. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a commenté sur la plateforme sociale X qu'un « cessez-le-feu régional complet, y compris au Liban, accélérerait l'entrée (de Netanyahu) en prison », reflétant le sentiment que la survie politique du Premier ministre est liée à la poursuite du conflit.
Depuis le début du procès en 2020, celui-ci est une caractéristique persistante du mandat de Netanyahu, faisant de lui le premier Premier ministre israélien en exercice à faire face à un procès pénal. Le report actuel a été accordé après que ses avocats ont fait valoir qu'il ne serait pas disponible pendant au moins deux semaines. Le tribunal a demandé une nouvelle mise à jour d'ici le 16 avril concernant sa disponibilité pour la semaine suivante.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.