Les démocrates s'interrogent sur les 11 mois de suspension de l'application de la SEC
Trois démocrates de haut rang du Comité des services financiers de la Chambre des représentants augmentent la pression sur la Securities and Exchange Commission (SEC) concernant sa gestion de l'application des règles relatives aux cryptomonnaies, ciblant spécifiquement la suspension de 11 mois de l'agence dans l'affaire contre le fondateur de Tron, Justin Sun. Dans une lettre datée du 14 janvier 2026, les représentants Maxine Waters, Brad Sherman et Sean Casten ont exigé que le président de la SEC, Paul Atkins, fournisse tous les documents liés à cette décision, avertissant que l'inaction de l'agence menaçait l'intégrité du marché.
Les législateurs examinent une décision de février 2025, lorsque la SEC a demandé à un tribunal fédéral de suspendre son action en justice contre Sun afin d'explorer une résolution potentielle. Cette pause s'est maintenant étendue sur près d'un an, soulevant des questions sur l'engagement de l'agence à poursuivre l'affaire. La lettre suggère que ce retard fait partie d'un modèle plus large, citant le rejet d'« au moins une douzaine d'affaires liées aux cryptomonnaies » impliquant de grandes bourses comme Binance, Coinbase et Kraken.
Les allégations de « corruption » pointent vers une influence politique
La lettre soulève explicitement la possibilité d'un « système de corruption », reliant l'action en justice bloquée aux activités financières de Sun. Les législateurs ont souligné l'achat par Sun de millions de dollars de jetons auprès de World Liberty Financial, une entreprise de cryptomonnaie soutenue par l'ancien président Donald Trump et ses fils. Cette transaction, selon eux, suggère qu'une influence politique pourrait protéger Sun de la responsabilité réglementaire.
Les représentants affirment que le traitement favorable d'une figure de haut profil comme Sun envoie un signal dommageable au marché. Ils avertissent qu'une application sélective pourrait éroder la confiance du public dans l'organisme de réglementation chargé de protéger les investisseurs.
La demande de la SEC de suspendre l'affaire Sun, qui est maintenant en place depuis 11 mois, signale au marché que les lois sur les valeurs mobilières sont appliquées de manière sélective, et que ceux qui ont une influence politique suffisante peuvent échapper à la reddition de comptes.
La fracture partisane s'aggrave au sein de la SEC entièrement républicaine
Cette enquête parlementaire intervient à un moment politiquement chargé pour la SEC. Suite au récent départ de la commissaire Caroline Crenshaw, la dernière démocrate restante de l'agence, la commission opère désormais avec un conseil de trois membres, tous républicains. Cette structure de leadership, composée du président Paul Atkins et des commissaires Mark Uyeda et Hester Peirce, confère au parti républicain un contrôle unilatéral sur l'élaboration des règles et le programme d'application de l'agence.
La lettre de Waters, Sherman et Casten souligne une fracture partisane croissante concernant la réglementation des cryptomonnaies. En décembre, Waters avait déjà demandé une audition pour enquêter sur ce qu'elle a qualifié de « changements de politique douteux » à la SEC sous l'administration Trump. L'attention actuelle portée à Justin Sun amplifie ces préoccupations, positionnant l'affaire comme un test clé de l'indépendance de la SEC et de son approche de la cryptomonnaie sous une nouvelle direction.