Keyera Corp. a officiellement clôturé l'acquisition des activités de liquides de gaz naturel (LGN) de Plains All American Pipeline au Canada, mais la transaction de 3,9 milliards de dollars est maintenant confrontée à une contestation importante du Bureau de la concurrence du Canada, créant une incertitude pour la société d'infrastructures énergétiques.
« Nous sommes confiants dans la solidité de notre dossier », a déclaré Dean Setoguchi, président et chef de la direction de Keyera, décrivant l'acquisition comme une « extension naturelle » de la stratégie de l'entreprise. Il a ajouté que la plateforme combinée devrait améliorer l'accès des clients aux marchés clés et créer un « corridor de LGN pancanadien plus solide et plus efficace ».
La clôture de l'accord intervient alors même que le Bureau de la concurrence du Canada cherche à stopper la transaction, arguant qu'elle réduirait la concurrence dans le traitement des liquides de gaz naturel. Keyera a enregistré une perte nette de 122 millions de CAD pour son premier trimestre, alors que ses activités basées sur les frais ont généré un BAIIA ajusté de 232 millions de CAD. Le Tribunal de la concurrence a donné à Keyera et à Plains jusqu'au 29 juin pour déposer leurs arguments en réponse.
L'enjeu est une transaction que la direction de Keyera qualifie d'« expansion majeure » de sa plateforme intégrée, avec des synergies attendues de 100 millions de CAD. Cependant, la société court le risque d'une annulation coûteuse de l'accord si le tribunal statue en faveur du bureau, ce qui pourrait également inclure des ventes forcées d'actifs pour résoudre les problèmes de concurrence.
La bataille réglementaire
Le principal obstacle pour Keyera est la contestation judiciaire entamée par le Bureau de la concurrence du Canada. L'organisme antitrust soutient que la fusion renforcerait le contrôle de Keyera sur une infrastructure énergétique critique, nuisant ainsi à la concurrence. Bien que Keyera ait procédé à la clôture de la transaction, elle reconnaît le risque juridique. Le Tribunal de la concurrence, organisme quasi judiciaire, arbitrera l'affaire, ce qui représentera un catalyseur important pour l'action de la société.
Performance sous-jacente et croissance
Malgré la tempête juridique et une contribution plus faible de son segment Marketing, les activités de base de Keyera ont fait preuve de résilience au premier trimestre. L'unité de collecte et de traitement et l'activité d'infrastructures de liquides ont toutes deux affiché des marges records, portées par des volumes records. La société a également noté que les grands projets de croissance, notamment KFS Frac II et Frac III, respectent les délais et le budget. De plus, les réparations à l'installation AEF ont été achevées, et l'usine devrait retrouver sa pleine capacité d'ici la fin mai, éliminant un vent contraire qui a pesé sur les performances récentes.
Une voie à suivre
La direction de Keyera affiche sa confiance, tant dans le dossier juridique que dans la valeur stratégique de l'acquisition. La société a maintenu ses prévisions marketing pour 2026 entre 210 et 250 millions de CAD sur une base autonome, les qualifiant de conservatrices. Setoguchi a déclaré que la société a une « conviction très élevée » quant à la réalisation de 100 millions de CAD de synergies provenant des actifs de Plains et voit des opportunités au-delà de ce chiffre. La société prévoit de fournir des perspectives financières actualisées de la mi-juin à la fin juin, qui intégreront les actifs combinés et offriront une image plus claire de sa trajectoire de croissance à long terme, en supposant que l'accord résiste au défi réglementaire.
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