Les délibérations ont commencé dans le procès retentissant opposant Elon Musk à OpenAI, le laboratoire d'intelligence artificielle qu'il a cofondé. Un jury examine actuellement si le passage de l'entreprise à un modèle à but lucratif constitue une violation de la confiance caritative, après que Musk a fait un don d'environ 38 millions de dollars à l'entreprise initialement à but non lucratif.
"Il ne s'est jamais soucié de la structure à but non lucratif", a déclaré l'avocate d'OpenAI, Sarah Eddy, au jury lors des plaidoiries finales. "Ce qui lui importait, c'était de gagner."
La plainte de Musk déposée en 2024 allègue qu'OpenAI, son PDG Sam Altman et son président Greg Brockman se sont enrichis de manière injuste et ont abandonné leur mission fondatrice en créant une filiale à but lucratif et en acceptant un investissement de 10 milliards de dollars de Microsoft en 2023. La défense d'OpenAI soutient que les fonds de Musk ont été épuisés dès 2021 et que Musk lui-même a tenté de fusionner le laboratoire avec Tesla.
Le résultat, bien que techniquement consultatif, pourrait forcer OpenAI à se restructurer, mettant potentiellement en péril ses opérations commerciales et son partenariat crucial avec Microsoft. La juge Yvonne Gonzalez Rogers rendra la décision finale sur la responsabilité et les éventuels recours, qui pourraient inclure l'éviction d'Altman et de Brockman de leurs rôles de direction.
## Une bataille de milliardaires pour l'avenir de l'IA
Le procès a levé le voile sur la relation brisée entre deux des figures les plus éminentes de l'IA. Musk, qui a cofondé OpenAI en 2015 avec pour mission déclarée de contrer la domination de Google et de garantir que l'IA profite à l'humanité, affirme avoir été trahi. "J'ai trouvé l'idée, le nom, recruté les personnes clés", a témoigné Musk, arguant que la création d'une "société à profit maximum effectivement contrôlée par Microsoft" n'était "pas du tout ce que j'avais prévu".
Le conseil d'OpenAI a brossé un tableau différent, dépeignant Musk comme cherchant un contrôle total. Ils ont présenté des preuves selon lesquelles Musk aurait tenté de devenir PDG et de détenir une participation majoritaire dans une version à but lucratif proposée du laboratoire. Lorsque les cofondateurs ont refusé, Musk aurait mis fin à son engagement de financement, qui s'élevait à environ 38 millions de dollars, loin du milliard de dollars promis initialement. La défense soutient que la plainte est un cas de "mains sales", déposée seulement après que Musk a lancé une start-up concurrente dans l'IA, xAI.
## Le rôle de Microsoft sous surveillance
Un fil conducteur du procès est le rôle de Microsoft et son investissement de plusieurs milliards de dollars. Les avocats de Musk soutiennent que l'accord de 2023, qui a donné à Microsoft une influence considérable, était l'étape finale de la déviation d'OpenAI de ses racines non lucratives. Ils pointent une clause donnant à Microsoft un droit de veto sur les décisions majeures de l'entreprise comme preuve que les priorités commerciales ont supplanté la mission de sécurité de l'IA.
Microsoft, également défendeur, a maintenu que ses dirigeants n'avaient connaissance d'aucune condition spécifique sur les dons originaux de Musk malgré un audit approfondi. Les avocats de l'entreprise ont soutenu que son investissement et sa puissance de calcul étaient ce qui avait permis à OpenAI de réaliser ses plus grandes percées technologiques, notamment le développement de ChatGPT. Le verdict consultatif du jury va maintenant préparer le terrain pour la décision finale de la juge Gonzalez Rogers, qui aura des implications durables pour la gouvernance et la commercialisation de l'intelligence artificielle.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.