Jefferies a relevé son objectif de cours sur Intel Corp. (NASDAQ : INTC) de 50 %, le portant à 120 $ contre 80 $ auparavant. Le cabinet anticipe une demande croissante pour les processeurs (CPU) du fabricant de puces, portée par l'émergence de l'intelligence artificielle agentique (IA agentique).
« Le ratio CPU/GPU [dans les serveurs IA] était de 1 pour 8, il est maintenant de 1 pour 4, et je pense qu'il pourrait évoluer vers la parité, voire mieux », a déclaré Lip-Bu Tan, PDG d'Intel, lors de la récente conférence téléphonique sur les résultats de l'entreprise. « Nous avons apporté de nombreux changements à l'architecture de nos CPU pour les optimiser en fonction des différentes charges de travail. »
Cette hausse significative de l'objectif de cours fait suite à un solide premier trimestre pour Intel, marqué par un bond de 22 % du chiffre d'affaires des centres de données, dépassant les 5 milliards de dollars. Ces résultats ont battu les estimations de bénéfices et ont permis de fournir des prévisions de chiffre d'affaires pour le deuxième trimestre bien supérieures au consensus des analystes. Cette révision place l'objectif de Jefferies parmi les plus élevés de Wall Street, reflétant des perspectives haussières pour le géant des semi-conducteurs.
L'enthousiasme provient du rôle critique que jouent les CPU dans la nouvelle vague d'IA agentique. Alors que les GPU se chargent de l'entraînement intensif des modèles d'IA, les CPU sont essentiels pour l'exécution des tâches en gérant la mémoire, en coordonnant les charges de travail et en extrayant les données. Cela a déplacé l'attention vers les fabricants de CPU comme Intel et son rival Advanced Micro Devices Inc. (NASDAQ : AMD).
Un redressement boosté par l'IA
L'action Intel a grimpé de plus de 186 % depuis le début de l'année, un retournement spectaculaire par rapport aux années précédentes où les investisseurs craignaient que l'entreprise n'ait raté le premier boom de l'IA. La stratégie de redressement pluriannuelle de l'entreprise, centrée sur son modèle de fonderie contrôlant la fabrication de la fabrication au packaging, semble gagner du terrain. Le lancement officiel d'Intel Foundry en 2024 était une initiative directe pour répondre à l'ère de l'IA.
En revanche, AMD opère selon un modèle « fabless », concevant ses puces mais sous-traitant la fabrication à des partenaires comme TSMC. Bien qu'AMD occupe actuellement une position plus forte sur le marché des GPU pour centres de données, le contrôle d'Intel sur l'ensemble de sa chaîne de production est perçu comme un avantage potentiel à long terme, lui offrant un plus grand contrôle sur sa production et son destin.
La valorisation en question
Le récent rallye a poussé les valorisations des deux fabricants de puces à la hausse. Même avec un bénéfice par action (BPA) ajusté projeté de 1,08 $ en 2026, Intel se négocie à plus de 104 fois son BPA ajusté prévisionnel et à près de 10 fois son chiffre d'affaires prévisionnel. AMD, qui a également réalisé un trimestre exceptionnel, se négocie à 57 fois ses bénéfices attendus et 14 fois ses ventes prévisionnelles.
L'augmentation de l'objectif de cours suggère que Jefferies estime que le virage stratégique d'Intel et l'expansion du marché adressable pour ses CPU dans le domaine de l'IA agentique justifient une valorisation plus élevée. Cette décision pourrait inciter d'autres analystes à réévaluer leurs modèles, offrant potentiellement un soutien supplémentaire au titre. Les investisseurs surveilleront de près le prochain rapport sur les résultats d'Intel pour confirmer la croissance continue de son segment centres de données et obtenir des mises à jour sur ses ambitions dans le domaine des GPU.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.