La CONSOB applique les règles de l'ESMA, menaçant les influenceurs d'amendes de 5 millions d'euros
Le 12 janvier 2026, l'autorité de régulation financière italienne, la CONSOB, a intensifié son examen des promotions de cryptomonnaies en adoptant officiellement les directives de l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA). Cet avis avertit les influenceurs des médias sociaux, ou « finfluenceurs », qu'ils sont légalement responsables de leur contenu, en particulier lorsqu'ils promeuvent des actifs volatils comme les cryptomonnaies. Le régulateur a souligné que de simples avertissements tels que « ceci n'est pas un conseil financier » sont insuffisants pour neutraliser les obligations réglementaires.
En vertu du Règlement de l'UE sur les abus de marché, abordé pour la première fois par l'ESMA en octobre 2021, les publications trompeuses ou les conflits d'intérêts non divulgués peuvent être traités comme de la manipulation de marché. Cela entraîne de lourdes sanctions, y compris des amendes administratives pour les particuliers pouvant aller jusqu'à 5 millions d'euros (5,8 millions de dollars). La directive stipule explicitement que les partenariats rémunérés doivent être clairement étiquetés comme de la publicité et que l'offre de conseils d'investissement personnalisés sans licence peut constituer une activité illégale. L'avertissement couvre non seulement les cryptomonnaies, mais aussi d'autres produits à haut risque comme les contrats sur différence (CFD) et le forex, où les investisseurs peuvent perdre 100 % de leur capital.
La répression coordonnée de l'Europe suit le précédent américain
L'initiative italienne n'est pas un événement isolé mais fait partie d'un resserrement réglementaire plus large à travers l'Europe et le monde. En 2023, les autorités financières et publicitaires françaises ont conjointement lancé un « Certificat d'Influence Responsable », un programme de formation obligatoire pour les influenceurs promouvant des produits financiers. De même, la Financial Conduct Authority (FCA) du Royaume-Uni a finalisé ses directives sur les médias sociaux en 2024, avertissant que les promotions de cryptomonnaies non conformes pourraient être considérées comme illégales.
Cette tendance réglementaire en Europe reflète les actions d'exécution agressives aux États-Unis. Dans une affaire très médiatisée en 2022, la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis a infligé une amende de 1,26 million de dollars à Kim Kardashian pour avoir illégalement promu le jeton EthereumMax (EMAX) sans divulguer un paiement de 250 000 dollars. De plus, un recours collectif de 2023 a réclamé 1 milliard de dollars de dommages et intérêts à un groupe d'« influenceurs FTX », alléguant qu'ils avaient induit leurs abonnés en erreur en promouvant la bourse, désormais effondrée. Collectivement, ces actions signalent une fin définitive à l'ère du « shill » crypto non réglementé sur les plateformes de médias sociaux.