La marine du Corps des Gardiens de la Révolution islamique d'Iran a déclaré qu'elle maintiendrait le contrôle du détroit d'Ormuz, défiant directement l'accord américano-iranien signé quelques heures plus tôt pour rouvrir la voie navigable.
La marine du Corps des Gardiens de la Révolution islamique d'Iran a déclaré qu'elle maintiendrait le contrôle du détroit d'Ormuz, défiant directement l'accord américano-iranien signé quelques heures plus tôt pour rouvrir la voie navigable.

La marine du Corps des Gardiens de la Révolution islamique d'Iran a déclaré qu'elle maintiendrait le contrôle du détroit d'Ormuz, quelques heures après que le président Trump et son homologue iranien ont signé un accord visant à rouvrir la voie navigable et à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.
« La marine du CGRI continue d'exercer un contrôle opérationnel total sur le détroit d'Ormuz et sur tout le trafic maritime qui le traverse », a déclaré la force dans un communiqué relayé par les médias d'État iraniens, selon l'agence de presse Xinhua.
Onze navires, dont cinq pétroliers, devraient arriver dans les ports iraniens jeudi, selon le rapport. Plus tôt dans la journée, au moins dix navires marchands ont été suivis en train de traverser le détroit — une augmentation notable par rapport aux semaines récentes, mais encore loin de la moyenne d'avant-guerre d'environ 135 navires par jour, selon les données de MarineTraffic.com. Parmi les navires effectuant la traversée figuraient un méthanier battant pavillon français exploité par QatarEnergy et un transporteur de véhicules appartenant au groupe logistique italien Grimaldi, tous deux bloqués dans le golfe Persique depuis le début du conflit.
Cette confrontation menace de faire voler en éclats le mémorandum d'entente signé mercredi au sommet du G7 en France, dont le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a déclaré qu'il entrerait en « vigueur immédiate » avec la réouverture du détroit par l'Iran et la levée du blocus naval américain. La voie navigable assure environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole, et toute perturbation prolongée pourrait faire grimper les prix du brut, ravivant les pressions inflationnistes dans l'économie mondiale.
Les termes de l'accord confrontés à un test immédiat
Le mémorandum, signé par Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian, prévoit la « cessation permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban », où le Hezbollah soutenu par l'Iran combat les forces israéliennes depuis mars. Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré plus tôt cette semaine que toute présence de forces israéliennes dans le sud du Liban constituerait une violation de l'accord. L'armée israélienne a indiqué jeudi que ses troupes resteraient dans la « zone de sécurité » — une zone s'étendant sur environ dix kilomètres à l'intérieur du territoire libanais — et mèneraient des « négociations difficiles » avec les États-Unis concernant le déploiement, selon deux responsables israéliens cités par Reuters.
Plusieurs pétroliers iraniens sanctionnés qui avaient franchi la ligne de blocus naval américain plus tôt dans la semaine étaient encore en route vers les ports iraniens mercredi matin, selon les données de suivi des navires. Des cargos et pétroliers appartenant à des entreprises hongkongaises et chinoises continuaient à diffuser qu'ils avaient des membres d'équipage chinois à bord, une tactique adoptée au début du conflit lorsque l'Iran avait déclaré qu'il ciblerait les navires liés aux États-Unis et à Israël.
Les marchés pétroliers sur le qui-vive
Le détroit d'Ormuz, le seul passage maritime permettant d'entrer et de sortir du golfe Persique, traite environ 21 millions de barils de pétrole par jour — soit environ 21 % de la consommation mondiale, selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie. La dernière fois que la voie navigable a été confrontée à une menace prolongée, c'était pendant la guerre des pétroliers Iran-Irak dans les années 1980, lorsque les prix du brut ont fluctué de plus de 50 % sur une période de 18 mois. Le pétrole brut Brent intègre déjà une prime de risque depuis le début du conflit, et toute nouvelle escalade pourrait pousser le pétrole au-dessus de 100 dollars le baril pour la première fois depuis 2022, selon les analystes.
L'annonce du CGRI crée une réalité à deux vitesses : des progrès diplomatiques au niveau présidentiel parallèlement au maintien du contrôle militaire sur l'eau. La question de savoir si le CGRI — qui répond au guide suprême Mojtaba Khamenei, et non au président — se conformera finalement à l'accord reste la question centrale pour les marchés pétroliers et le commerce mondial.
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