L'Irak a rouvert une route d'exportation de pétrole terrestre vers la Syrie pour la première fois en 13 ans, un pivot stratégique pour contourner le détroit d'Ormuz bloqué qui a réduit ses exportations de brut de 80 %. Le premier convoi de 70 camions-citernes est entré en Syrie, avec pour objectif d'établir une alternative fiable aux voies de navigation maritime.
« Cela marque le début de l'activation du poste-frontière de Rabia-al-Yarubiyah en tant que corridor stratégique pour l'exportation de pétrole brut », a déclaré Omar al-Waeli, chef de l'autorité irakienne des frontières, dans un communiqué. Il a souligné que cette mesure permet de soulager la pression sur les autres passages et de diversifier les canaux de commercialisation.
Cette réouverture fait suite à une chute spectaculaire de la production pétrolière irakienne, tombée à 1,1 million de barils par jour contre plus de 4 millions avant la crise d'Ormuz. Bien que les premières expéditions terrestres soient modestes, la route vers le port syrien de Baniyas, sur la Méditerranée, offre un débouché crucial. La Syrian Petroleum Company a déclaré qu'elle s'attendait à ce que les importations en provenance d'Irak atteignent à terme 500 000 tonnes métriques par mois.
Ce nouveau pont terrestre via la Syrie pourrait réduire la prime géopolitique sur les prix du pétrole en atténuant l'impact du goulot d'étranglement d'Ormuz. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un remplacement complet de la capacité maritime, cela signale la capacité de Bagdad à adapter sa stratégie d'exportation. Les observateurs surveilleront si la route peut monter en charge pour atteindre son objectif mensuel d'un demi-million de tonnes, un développement qui soutiendrait la normalisation du trafic pétrolier et pourrait potentiellement détendre les prix du brut Brent, restés élevés en raison du conflit.
Un nouveau pont terrestre
Le passage d'Al-Yarubiyah, connu sous le nom de Rabia côté irakien, était fermé depuis plus d'une décennie en raison des conditions de sécurité liées à la guerre en Syrie. Sa réouverture est une étape significative dans la restauration des flux commerciaux et énergétiques entre les deux nations. Les autorités irakiennes s'efforcent d'étendre la capacité du passage et de moderniser les infrastructures en prévision d'une activité accrue.
Cette route d'exportation terrestre offre une alternative vitale au canal maritime traditionnel via le détroit d'Ormuz, gravement perturbé par le conflit opposant les États-Unis et Israël à l'Iran. Selon le vice-ministre irakien du Pétrole, Basim Mohammed, le pays peut rétablir sa production et ses exportations de pétrole à des niveaux normaux en une semaine une fois la crise d'Ormuz terminée. En attendant, l'Irak a été contraint de trouver des routes d'exportation alternatives, notamment l'oléoduc Kirkouk-Ceyhan relancé et désormais la route terrestre via la Syrie.
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