(P1) Les prix du pétrole ont chuté brutalement et l'or a progressé lundi après que des envoyés iraniens et américains se sont réunis à Doha pour des discussions de haut niveau visant à désamorcer le conflit qui dure depuis des mois au Moyen-Orient. Les négociations, axées sur une potentielle feuille de route de 60 jours vers la paix, interviennent alors que le président Donald Trump fait pression sur les nations arabes pour qu'elles normalisent leurs relations avec Israël dans le cadre d'un règlement plus large.
(P2) "L'accord avec l'Iran sera soit formidable et significatif, soit il n'y aura pas d'accord", a déclaré le président Trump dans un communiqué sur sa plateforme Truth Social, exigeant que tout accord soit suivi d'une expansion immédiate des accords d'Abraham.
(P3) La réaction du marché a été rapide, l'or au comptant augmentant de 1,5 % à 4 574,17 $ l'once alors que le dollar s'affaiblissait dans l'espoir d'une percée. Les prix du pétrole ont baissé dans l'attente qu'un accord puisse rouvrir le détroit d'Ormuz, une voie navigable vitale pour environ 21 % du commerce mondial de pétrole que l'Iran a maintenue largement fermée. Les raffineurs indiens ont déjà déplacé leurs importations vers l'Amérique latine et l'Afrique pour atténuer les perturbations, selon les données du cabinet d'analystes Kpler.
(P4) L'enjeu est un potentiel réalignement de la sécurité et de l'économie au Moyen-Orient, mais des obstacles importants subsistent. Un projet de mémorandum en 14 points serait en cours de discussion, mais le programme nucléaire de l'Iran, ses capacités de missiles balistiques et le dégel de milliards d'actifs sont des questions litigieuses qui ne sont pas encore résolues. L'issue des pourparlers pourrait soit stabiliser les marchés mondiaux de l'énergie, soit déclencher une nouvelle vague de volatilité s'ils échouent.
Ormuz et l'allégement des sanctions au cœur des discussions
Une délégation iranienne, comprenant le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati, se concentre sur l'obtention de la réouverture du détroit d'Ormuz et la libération des avoirs gelés, selon des diplomates régionaux cités par les médias iraniens. Bien que la marine iranienne ait déclaré que 32 navires commerciaux ont récemment été autorisés à passer, la voie navigable reste sous contrôle étroit.
La présence de Hemmati à Doha signale que l'allégement des sanctions et le dégel des fonds sont au cœur des objectifs de Téhéran. Cependant, les responsables iraniens ont indiqué que des sujets plus controversés, tels que le stock d'uranium hautement enrichi du pays, pourraient être reportés à une période de négociation ultérieure de 60 jours si un mémorandum initial est signé.
Trump lie l'accord avec l'Iran à l'expansion des accords d'Abraham
Le président Trump a explicitement lié les négociations à une poussée diplomatique plus large, appelant l'Arabie saoudite, le Qatar et le Pakistan à rejoindre les accords d'Abraham et à normaliser leurs relations avec Israël. Le sénateur américain Lindsey Graham a soutenu cette initiative, affirmant qu'elle pourrait transformer le Moyen-Orient d'une "poudrière" en un centre d'opportunités économiques.
Ce lien se heurte à une résistance significative. Une source saoudienne a déclaré à CNN que Riyad n'établira pas de relations avec Israël sans une "voie irréversible" vers un État palestinien, une position de longue date. Pendant ce temps, les tensions continuent de couver sur d'autres fronts. Israël a lancé de nouvelles frappes contre des cibles du Hezbollah dans le district de Tyr au Liban et dans la vallée de la Bekaa, et le bilan des morts au Liban a dépassé 3 185 depuis mars, selon le ministère de la Santé du pays. Le ministre iranien des Affaires étrangères a réaffirmé son soutien au Hezbollah, soulignant la complexité de parvenir à une paix régionale globale.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.